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À Vienne, des inconnus partagent un repas pour recoudre le lien social

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Dans la capitale autrichienne, une initiative citoyenne réunit des personnes d’horizons opposés autour d’une table, pour favoriser le dialogue et rompre l’isolement idéologique.

Sous les lumières estivales de la mairie de Vienne, une vingtaine d’habitants se retrouvent autour d’un dîner offert par la municipalité. Policiers, artistes, cadres ou migrants, tous ont répondu à l’invitation d’une association locale, déterminée à briser les cloisonnements sociaux. Le principe est simple mais efficace. Chaque participant doit convier une personne dont les convictions, l’âge ou le parcours divergent radicalement des siens.

L’idée a germé après une campagne électorale marquée par les tensions, qui a vu l’extrême droite réaliser une percée historique. Porté par des membres de la communauté catholique Emmanuel, ce projet baptisé « L’Autriche des tables rondes et carrées » entend recréer du lien dans une société fracturée. « La table est un symbole universel de partage », souligne l’une des organisatrices. Des questions préparées aident à amorcer les échanges, tandis qu’un invité d’honneur, souvent une personnalité locale, veille à ce que les débats restent courtois.

Pour Cornelia Grotte, trente-deux ans, cette initiative est une bouffée d’air frais. « Depuis la pandémie, les désaccords ont souvent conduit à des ruptures », confie-t-elle. À ses côtés, Neda Saffar, arrivée d’Iran il y a dix ans, apprécie de pouvoir s’exprimer sans crainte des préjugés. « Habituellement, je m’autocensure par peur des réactions », admet-elle. Autour d’eux, les rires et les discussions animées prouvent que la formule fonctionne.

Certains participants échangent même leurs coordonnées en quittant la table, avec l’intention de reproduire l’expérience dans leur cercle. « Il suffit de quelques dattes ou d’une pizza pour commencer », rappelle une organisatrice. Loin des écrans et des réseaux sociaux, ces moments de convivialité rappellent une évidence. Le dialogue direct reste le meilleur antidote aux fractures qui menacent le vivre-ensemble.

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