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Une femme à la tête du gouvernement marocain, une première

Le roi Mohammed VI a confié à Fatima Ezzahra El Mansouri la mission de former le prochain gouvernement. À 50 ans, cette avocate et maire de Marrakech…

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Une femme à la tête du gouvernement marocain, une première

Le roi Mohammed VI a confié à Fatima Ezzahra El Mansouri la mission de former le prochain gouvernement. À 50 ans, cette avocate et maire de Marrakech devient la première femme à diriger l’exécutif du pays.

La scène s’est jouée au palais royal de Rabat. Le souverain y a reçu Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice nationale du Parti Authenticité et Modernité, et l’a chargée de bâtir la nouvelle équipe gouvernementale. Une décision qui découle directement de la victoire de sa formation aux législatives de la semaine dernière. « C’est un moment véritablement historique », a-t-elle lancé, ajoutant que cette responsabilité représente une fierté qui dépasse sa personne et concerne toutes les femmes marocaines.

Le PAM, parti de centre droit déjà présent dans la coalition sortante, a raflé 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants. Un score solide, mais insuffisant pour gouverner seul. La participation, elle, s’est limitée à 38 %, un plancher jamais atteint depuis près de vingt ans. Faute de majorité absolue, la nouvelle cheffe du gouvernement devra donc négocier avec d’autres formations pour constituer une coalition capable de tenir cinq ans. Elle a déjà annoncé la méthode, des discussions en interne d’abord, puis des concertations avec l’ensemble des partis. Les leviers stratégiques du pays restent toutefois entre les mains du roi.

Son parcours parle pour elle. Avocate de métier, elle rejoint le PAM dès sa création en 2008, à l’initiative de Fouad Ali El Himma, aujourd’hui conseiller du roi et retiré du parti depuis 2011. C’est sous ces couleurs qu’elle entre dans l’histoire de Marrakech en 2009, en devenant à 33 ans la première femme maire de la ville touristique. Elle y siège toujours, entamant un second mandat depuis 2021. Elle a aussi occupé le poste de ministre de l’Habitat dans le gouvernement sortant d’Aziz Akhannouch et a été élue députée. Au Parlement, la deuxième de sa liste prendra sa place, mais elle conservera son fauteuil de maire jusqu’aux municipales de 2027.

Le contexte dans lequel elle prend les rênes est loin d’être simple. Le scrutin s’est déroulé sur fond de défiance envers la classe politique, de chômage élevé et d’inégalités persistantes, surtout chez les jeunes. Le manque de perspectives d’une partie de cette jeunesse est revenu sur le devant de la scène après l’arrivée massive de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta. Sa formation a promis pendant la campagne une croissance annuelle moyenne de 5 %, une inflation contenue à 2 % pour protéger le pouvoir d’achat et la création d’au moins un million d’emplois sur le mandat. « Nous sommes pleinement conscients que cette période sera importante et marquée par des attentes de la part des Marocains, en particulier les jeunes », a-t-elle souligné, promettant des solutions concrètes et réalistes.

Derrière elle, le paysage politique a bougé. Le Rassemblement national des indépendants, d’où vient le chef de gouvernement sortant, termine deuxième avec 66 sièges, en perdant une trentaine. Le Parti de l’Istiqlal suit avec 65 sièges. Dans l’opposition, le Parti de la justice et du développement, qui a fait campagne sur la lutte contre la corruption, quadruple sa représentation avec 54 élus contre 13 auparavant. Son secrétaire général Abdelilah Benkirane a toutefois écarté l’idée de rejoindre la majorité. Reste maintenant à Fatima Ezzahra El Mansouri à transformer une victoire électorale en gouvernement, et une promesse d’égalité en réalité quotidienne pour les Marocains.

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