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Les mammifères ont une origine ovipare, révèle un embryon fossile

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Une découverte scientifique majeure apporte enfin la preuve que les ancêtres des mammifères pondaient des œufs, résolvant une énigme paléontologique vieille de plusieurs décennies.

La question de la reproduction des premiers mammifères, apparus il y a environ 250 millions d’années, divisait depuis longtemps la communauté scientifique. Les chercheurs s’interrogeaient sur la nature de leur mise bas, sans pouvoir trancher entre la ponte et la gestation. L’analyse d’un embryon fossile exceptionnellement préservé de *Lystrosaurus*, un herbivore trapu de cette époque, vient aujourd’hui clore le débat en faveur de l’oviparité.

Ce fossile, découvert il y a près de vingt ans en Afrique du Sud, présentait une particularité intrigante. Le spécimen juvénile était retrouvé parfaitement recroquevillé sur lui-même, une posture évoquant celle d’un embryon dans son œuf. Cependant, cette configuration n’étant pas rare dans les gisements de la région, une confirmation formelle était nécessaire. Les techniques d’imagerie de l’époque ne permettaient pas d’aller plus loin dans l’investigation.

C’est grâce aux ressources du Synchrotron européen de Grenoble, un instrument produisant des rayons X d’une puissance inégalée, que l’énigme a pu être résolue. Les scans à très haute résolution ont révélé un détail anatomique crucial au niveau de la mandibule du petit animal. Les deux parties de sa mâchoire inférieure n’étaient pas encore soudées, présentant un espace caractéristique. Chez les espèces ovipares contemporaines comme les oiseaux ou les tortues, ce stade de développement n’est observé que chez les embryons encore dans l’œuf, juste avant l’éclosion.

Cette découverte constitue la première preuve directe que les synapsides, le groupe ancestral dont sont issus tous les mammifères, étaient bien ovipares. Elle confirme ainsi une hypothèse longtemps soutenue par les paléontologues, qui s’appuyaient sur le fait que certains de leurs descendants modernes, comme l’ornithorynque, pondent encore des œufs.

La trouvaille éclaire également les raisons du succès évolutif du *Lystrosaurus*. Ce dernier a non seulement survécu à l’extinction de masse du Permien-Trias, la plus dévastatrice de l’histoire de la planète, mais il a aussi prospéré dans les environnements arides qui ont suivi. Les chercheurs suggèrent que la ponte d’œufs relativement gros pourrait avoir été un avantage adaptatif décisif. Ces œufs, plus résistants à la déshydratation et riches en réserves nutritives, auraient offert aux embryons de meilleures chances de développement dans un climat devenu hostile.

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