Économie
Ultimatum sur Ormuz, la région au bord du gouffre
À quelques heures de l’échéance fixée par Washington pour la réouverture du détroit stratégique, les déclarations belliqueuses et les frappes se multiplient, tandis que la communauté internationale échoue à trouver une issue diplomatique.
La tension est à son comble dans le golfe Persique à l’approche de minuit GMT, heure limite donnée par l’administration américaine à Téhéran pour rétablir la libre circulation dans le détroit d’Ormuz. Le président des États-Unis a averti que le refus de l’Iran entraînerait la disparition de ce qu’il a qualifié de « civilisation entière ». En réponse, la République islamique a affirmé être préparée à toutes les éventualités.
Les capitales régionales prennent des mesures préventives, signe d’une alarme grandissante. Le Koweït a recommandé à ses ressortissants de ne pas sortir de chez eux, et le port principal de Bahreïn a suspendu ses activités. En Iran, des citoyens se sont mobilisés pour former des chaînes humaines de protection autour de sites énergétiques.
Le conflit ouvert il y a trente-neuf jours par une offensive conjointe israélo-américaine se poursuit par des attaques ciblant des infrastructures de transport iraniennes. Des ponts, une autoroute et des voies ferrées ont été touchés ces dernières heures, causant des pertes civiles. Le pouvoir israélien a revendiqué certaines de ces opérations, visant selon lui des axes logistiques utilisés par les Gardiens de la révolution.
Sur le front diplomatique, l’impasse est totale. La Chine et la Russie ont opposé leur veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies exigeant le déblocage du détroit, suscitant la déception des États arabes du Golfe. Le secrétaire général de l’ONU a exprimé sa profonde inquiétude face aux menaces de destructions massives, rappelant que les attaques contre les biens de première nécessité des populations violent le droit international humanitaire.
Les déclarations américaines, parfois contradictoires, alimentent les spéculations. Si la Maison Blanche a écarté l’hypothèse d’un recours à l’arme nucléaire, le flou persiste sur la nature des moyens que Washington serait prêt à engager. L’entourage du président américain affirme que lui seul connaît la suite des événements.
Sur le terrain, les frappes se sont étendues à des sites industriels sensibles, dont l’île pétrolière de Kharg et le complexe de Jubail en Arabie saoudite. Le bilan humain ne cesse de s’alourdir, avec des dizaines de victimes rapportées ces derniers jours en Iran et plus de mille cinq cents morts au Liban depuis le début des hostilités.
Au sein de la population iranienne, l’attitude oscille entre l’anxiété et une forme de résignation face à des menaces répétées. Certains habitants de Téhéran évoquent une accoutumance aux avertissements, tandis que d’autres redoutent autant les conséquences des bombardements que la répression intérieure. Une journaliste locale a décrit sur les réseaux sociaux une existence devenue « cauchemar », loin des considérations géopolitiques.
Alors que l’échéance approche, aucun signe d’apaisement ne se dessine. L’Iran promet des représailles durables sur les approvisionnements énergétiques de ses adversaires, et la perspective d’une escalade majeure plane sur l’ensemble de la région.
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