Économie
L’État français prend le contrôle de Bull, fleuron du calcul haute performance

Le gouvernement a finalisé l’acquisition exclusive des activités stratégiques d’Atos, un mouvement destiné à consolider l’autonomie technologique nationale dans des secteurs clés comme l’intelligence artificielle et la défense.
L’opération, dont les termes avaient été fixés en juin dernier, est désormais effective. L’État devient l’unique actionnaire de l’entité, baptisée Bull, spécialisée dans la conception et la fabrication de supercalculateurs. Cette prise de participation, évaluée jusqu’à 404 millions d’euros, intervient après plusieurs mois de restructuration au sein du groupe Atos.
Cette division regroupe les compétences en calcul de haute performance pour l’intelligence artificielle, le calcul quantique ainsi que les systèmes dédiés à la dissuasion nucléaire. Elle emploie près de 3 000 personnes à l’international et a réalisé un chiffre d’affaires de 720 millions d’euros l’an dernier, enregistrant une croissance significative.
Les autorités présentent cette acquisition comme une avancée majeure pour la souveraineté technologique. Elle permettrait de préserver des savoir-faire industriels jugés essentiels et de maintenir une capacité d’innovation autonome dans des technologies considérées comme structurantes pour l’avenir.
La société Bull est à l’origine de réalisations techniques notables, comme le supercalculateur Jupiter, premier système européen dit « exascale ». Ses équipes travaillent actuellement au développement d’Alice Recoque, présenté comme le futur calculateur le plus puissant de France, dont la livraison est prévue en 2026 et 2027.
La direction de l’entreprise se félicite de cette nouvelle configuration, y voyant l’opportunité d’une plus grande agilité pour répondre aux évolutions rapides du marché, notamment sous l’impulsion de l’intelligence artificielle. Bull annonce poursuivre ses investissements, avec le doublement des capacités de son site de production à Angers, et affiche l’ambition d’augmenter fortement la part de composants européens dans ses futures machines.
L’objectif affiché est de construire une offre technologique complète et compétitive au niveau européen, tout en préparant l’avenir avec des projets comme le développement d’un calculateur quantique hybride dans les cinq prochaines années.

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