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Le procès des bars à hôtesses de Marseille, entre compagnie tarifée et soupçons de proxénétisme

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_**Treize gérantes et employées de dix établissements emblématiques du centre-ville comparaissent depuis lundi pour proxénétisme aggravé, défendant une activité de simple sociabilité face à des accusations fondées sur des écoutes et des témoignages.**_

Les prévenues, âgées de 49 à 79 ans, ont entamé leurs plaidoiries devant le tribunal correctionnel. Elles s’efforcent de dépeindre leurs anciens établissements, situés aux abords de l’Opéra, comme des lieux de convivialité et d’écoute. Selon leurs déclarations, l’activité consistait à offrir de la compagnie, des conversations et des danses à une clientèle masculine souvent décrite comme solitaire ou en quête de distraction. L’une des anciennes gérantes, âgée de 62 ans, a fermement nié toute pratique prostitutionnelle, affirmant avoir licencié une hôtesse pour indiscipline.

Les éléments rassemblés par l’accusation présentent une réalité différente. Des écoutes téléphoniques et les dépositions de plusieurs anciennes hôtesses tendent à démontrer que les sommes importantes dépensées par les clients, notamment pour des bouteilles de champagne facturées plusieurs centaines d’euros, ouvraient droit à des prestations sexuelles. La procédure révèle un système où, après l’achat d’une seconde bouteille, le client et l’hôtesse pouvaient se retirer dans un espace isolé. Les enquêteurs ont également établi que le champagne servi était souvent un mousseux à bas prix.

Cette affaire judiciaire, née d’une vaste opération menée à l’automne 2015, marque l’épilogue d’une époque révolue. Le quartier de l’Opéra, héritier d’une tradition portuaire, comptait encore plusieurs dizaines de ces bars à hôtesses dans les années 1990. Leur fermeture définitive a coïncidé avec la transformation urbaine et la gentrification de ce secteur proche du Vieux-Port.

À l’audience, le ton des échanges est parfois direct. Une prévenue a ironisé sur la motivation des clients, tandis qu’une barmaid a décrit son métier comme une forme de thérapie sociale, distincte selon elle de la prostitution de rue. Un client régulier a pour sa part confirmé devant les juges qu’au-delà d’un certain seuil de consommation, des faveurs sexuelles lui étaient accordées. Trois hommes sont également jugés dans cette affaire, dont l’un est poursuivi pour des livraisons de cocaïne au sein de ces établissements.

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