Société
La niche parlementaire des Républicains tourne court dans un climat de blocage
Une journée dédiée au groupe de droite à l’Assemblée nationale s’est achevée sur un constat d’enlisement. Les élus LR dénoncent des manœuvres dilatoires de la gauche, qui ont empêché l’examen de plusieurs textes sensibles avant l’heure butoir de minuit.
La journée réservée au groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale a pris fin jeudi sans que l’ensemble des textes inscrits à son ordre du jour aient pu être soumis au vote. Les députés de droite ont immédiatement imputé cet échec procédural à des tactiques d’obstruction employées par les formations de gauche. Le président du groupe LR a fustigé des méthodes portant, selon lui, atteinte au bon fonctionnement démocratique des institutions.
Les travaux ont néanmoins permis l’adoption, dans l’après-midi, d’une résolution invitant l’exécutif français à œuvrer auprès de la Commission européenne pour un classement de la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes. Ce texte, soutenu par la majorité présidentielle et les députés du Rassemblement national, a été vivement combattu par l’ensemble des groupes de gauche. Ces derniers y ont vu une initiative polémique, susceptible d’entretenir la stigmatisation d’une partie de la population. Le gouvernement, tout en affirmant partager l’objectif de lutte contre cette organisation, s’est abstenu de soutenir la résolution, en raison de réserves sur sa formulation juridique.
Une seconde résolution, portant sur la suspension de la création de nouvelles agences administratives, a également été adoptée. En revanche, un projet de loi visant à instaurer une présomption de légitimité pour les forces de l’ordre faisant usage de leur arme n’a pu être mis aux voix. Les débats, particulièrement animés, ont été marqués par de nombreuses interventions des élus de la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (NUPES) s’opposant au texte. Le ministre de l’Intérieur a défendu une mesure présentée comme un simple aménagement procédural, tandis que la gauche y a dénoncé un risque d’impunité.
En raison de ces longs échanges et des multiples incidents de séance, deux autres propositions portant respectivement sur le travail un jour férié et sur la régulation du port de signes religieux dans l’espace public sont restées en souffrance. L’impression générale laissée par cette journée a été sévèrement jugée par plusieurs observateurs, dont le président du groupe MoDem, qui a évoqué sur les réseaux sociaux une « image désolante » du débat politique.
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