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L’Espagne tourne une page sur les abus au sein de l’Église

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_**Un accord inédit entre l’État et la Conférence épiscopale établit un mécanisme de réparation pour les victimes, mettant fin à des décennies de silence.**_

Un protocole conjoint a été signé ce jeudi entre le ministère de la Justice et la hiérarchie catholique espagnole. Ce cadre vise à assurer une indemnisation complète aux personnes ayant subi des agressions sexuelles dans le contexte ecclésial, lorsque les voies judiciaires sont éteintes. Le gouvernement socialiste et l’institution religieuse qualifient cet acte de règlement d’une « dette historique ».

Le ministre de la Justice, Félix Bolaños, a évoqué des décennies d’omerta et de dissimulation, soulignant que le préjudice moral demeurait souvent irréparable. Le financement des réparations, qu’elles soient pécuniaires, psychologiques ou symboliques, sera intégralement supporté par l’Église. Le Vatican aurait joué un rôle décisif dans la conclusion de cet arrangement.

Les associations de victimes, après des années de dénonciation de l’inaction des autorités religieuses, ont accueilli favorablement cette annonce. Elles y voient une avancée concrète résultant d’un long combat. Le nouveau dispositif, qui entrera en vigueur sous un mois, confie un rôle central au Défenseur du peuple. Cette institution indépendante recevra les requêtes et formulera des propositions de réparation.

En cas de désaccord entre la partie lésée et l’Église sur la proposition initiale, une commission paritaire composée de représentants de l’État, de l’institution religieuse et des victimes sera saisie. Si cette instance ne parvient pas à un consensus, la décision du Défenseur du peuple s’imposera. La Conférence épiscopale a tenu à préciser que son engagement relevait d’une obligation morale et non juridique.

Un point important de l’accord concerne la fiscalité. Le gouvernement a accepté que les indemnités financières versées aux victimes soient exemptées d’impôt, évitant ainsi une ponction pouvant atteindre trente pour cent des sommes allouées. Par ailleurs, l’Église a obtenu que l’exécutif s’engage à travailler sur une réparation intégrale pour les abus commis dans tous les secteurs de la société, et non uniquement au sein de l’institution religieuse.

Les estimations sur l’ampleur du phénomène divergent considérablement. Un rapport parlementaire de 2023 évoquait un nombre très élevé de cas potentiels depuis le milieu du XXe siècle. De son côté, l’Église, après avoir commandité un audit externe, a publié ses propres chiffres, nettement inférieurs, tout en contestant les méthodologies des autres enquêtes. Ce nouvel accord vise précisément à dépasser ces controverses pour apporter des réponses concrètes aux personnes concernées.

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