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L’ombre d’un collègue : les anesthésistes face au traumatisme de l’empoisonnement présumé
_**Au procès de Frédéric Péchier, les plaidoiries ont mis en lumière la profonde détresse des médecins dont les patients ont été touchés, dépeints comme des victimes collatérales d’une stratégie visant à les atteindre.**_
L’audience s’est attachée à décrire l’onde de choc qui a frappé le corps médical. Les avocats des parties civiles ont longuement évoqué l’impact psychologique subi par plusieurs anesthésistes, confrontés à des incidents graves survenus sous leur responsabilité, alors qu’ils en ignoraient la cause réelle. Leur parole a décrit des professionnels durablement marqués par un sentiment d’impuissance et de culpabilité, face à des décès ou des arrêts cardiaques qui sont demeurés longtemps inexpliqués.
L’un des praticiens les plus cités, le docteur Sylvain Serri, ancien proche de l’accusé, a vu sept de ses patients concernés par des complications suspectes. Son conseil a raconté comment cette série d’événements s’est transformée en un véritable cauchemar professionnel et personnel. L’avocat a souligné que s’attaquer à un malade revient à blesser le médecin qui le soigne, atteignant ce dernier dans l’essence même de sa vocation.
L’accusation soutient que Frédéric Péchier aurait altéré des perfusions pour provoquer des crises chez des patients confiés à des confrères, dans le but de nuire à leur réputation. Les défenses des médecins concernés ont détaillé des contextes de rivalité ou de conflit professionnel qui auraient pu motiver ces actes. Le cas du docteur Loubna Assila, présentée comme une jeune collègue talentueuse devenue une « menace » aux yeux de l’accusé, a notamment été exposé.
La bâtonnière du barreau, intervenante pour une autre partie civile, a insisté sur le statut particulier de ces anesthésistes. Leur engagement fondamental est de veiller au réveil de leurs patients. Les événements reprochés auraient ainsi brisé ce contrat de confiance essentiel, faisant d’eux des victimes indirectes du drame. Elle a rapporté l’émotion palpable de ces praticiens lors de leurs auditions, contrastant, selon elle, avec l’attitude de l’accusé.
L’absence apparente d’empathie de ce dernier envers les personnes touchées a été relevée par plusieurs conseils. Pour l’un d’eux, cette forme d’indifférence constituerait en elle-même un indice de culpabilité. Frédéric Péchier, qui comparaît libre et risque la réclusion criminelle à perpétuité, maintient quant à lui fermement son innocence. La cour d’assises du Doubs doit rendre son verdict avant la fin de l’année.
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