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Économie

Le gouvernement sonne la mobilisation pour une stratégie alimentaire décennale

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La ministre de l’Agriculture a lancé ce lundi une vaste concertation destinée à définir une feuille de route agricole nationale, face à ce qu’elle décrit comme une concurrence internationale de plus en plus agressive.

Annie Genevard a prononcé un discours au marché international de Rungis pour officialiser le début des « conférences de la souveraineté alimentaire ». Cette démarche, qui s’étalera sur plusieurs mois, vise à établir une stratégie de production agricole française à l’horizon de la prochaine décennie. La ministre a insisté sur l’urgence de la situation, évoquant un contexte géopolitique tendu et des politiques de soutien massives adoptées par d’autres puissances mondiales, contrastant selon elle avec un relatif désengagement européen.

Le ton employé fut volontairement martial, la ministre reprenant le thème du « réarmement » alimentaire qu’elle avait déjà avancé. Elle a appelé à une mobilisation de toute la filière, des producteurs aux distributeurs, pour engager ce qu’elle a nommé une « reconquête ». L’objectif affiché est de construire un plan d’action en partant de l’évolution de la demande des marchés français, européen et mondial.

L’initiative a cependant été accueillie avec un certain scepticisme par une partie du monde agricole. Si les organisations professionnelles et les coopératives étaient présentes, la principale organisation syndicale, la FNSEA, a choisi de boycotter cette cérémonie de lancement, y voyant davantage une opération de communication qu’un tournant politique concret. Ses représentants soulignent que le secteur attend désormais des actes et des décisions rapides pour améliorer les revenus des exploitations, après des années de difficultés et de crises successives.

La ministre a également réaffirmé sa fermeté sur le plan commercial international. Elle s’est dite prête à interdire unilatéralement, si nécessaire, les importations de produits contenant des substances prohibées dans l’Union européenne. Elle a par ailleurs plaidé pour la création d’un fonds souverain dédié à l’agriculture et pour un rôle exemplaire des marchés publics, notamment dans la restauration collective.

Ces conférences sectorielles, pilotées par un coordinateur général nommé par le ministère, réuniront les interprofessions, les acteurs de la production, de la transformation et de la recherche. Elles devraient déboucher sur des conclusions au printemps prochain, dans un climat agricole français toujours marqué par un profond malaise et des mobilisations annoncées.

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