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Culture

La normalisation des extrêmes en Croatie, un péril pour la cohésion nationale

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La multiplication des manifestations ouvertement nationalistes et la remise en cause de pans entiers de l’histoire récente inquiètent les observateurs, qui redoutent une dégradation du climat social et une résurgence des tensions intercommunautaires.

La scène politique et culturelle croate est traversée par des courants qui, selon plusieurs analystes, tendent à banaliser des idéologies radicales. L’organisation d’événements massifs aux connotations historiques controversées et la recrudescence d’actes d’intimidation visant des minorités illustrent cette évolution préoccupante. Ce phénomène, bien qu’ancien, semble avoir gagné en intensité et en visibilité au cours de l’année écoulée.

Un concert donné récemment dans la capitale, rassemblant une foule considérable, a cristallisé ces inquiétudes. L’artiste à l’affiche, figure musicale populaire, a interprété des chants dont les refrains reprennent des formules associées au régime autoritaire qui gouverna le pays durant la Seconde Guerre mondiale. La présence de responsables politiques à cet événement a été perçue comme un signe de tolérance, voire de complaisance, à l’égard de ces symboles. La justice avait pourtant rappelé, quelques années auparavant, le caractère illégal de l’usage public de ces slogans.

Cette ambiance se double d’une tendance au révisionnisme historique, observable jusque dans l’enceinte parlementaire. Des initiatives visant à reconsidérer le bilan du principal camp d’internement ayant fonctionné sur le territoire national pendant la guerre ont provoqué l’indignation de la communauté juive et des historiens. Ces tentatives de réécriture minimisent la portée des persécutions perpétrées à l’encontre des populations serbes, juives et roms.

Les conséquences de cette radicalisation du discours se font sentir sur le terrain, affectant directement la vie de la minorité serbe. Des incidents violents ont perturbé des manifestations culturelles, conduisant à leur annulation par mesure de sécurité. Des inscriptions hostiles sont également apparues dans plusieurs localités. Les représentants de cette communauté estiment vivre une période de tension inédite depuis la fin du conflit des années 1990.

Fait notable, les rassemblements à caractère nationaliste attirent un public familial, incluant des jeunes n’ayant pas connu la guerre. Les experts soulignent que ces nouvelles générations sont exposées à des idées parfois plus extrêmes que celles qui circulaient durant le conflit, dans un climat international où les postures radicales semblent gagner en audience. En réaction, des manifestations antifascistes ont rassemblé des milliers de personnes, dénonçant cette résurgence des idéologies d’extrême droite et les actes antiserbes. Ces contre-rassemblements ont eux-mêmes donné lieu à des perturbations et des arrestations.

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