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Culture

Le dramaturge Tom Stoppard s’est éteint à l’âge de 88 ans

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L’auteur britannique, célèbre pour son mélange unique d’intelligence et d’humour, laisse une œuvre théâtrale majeure couronnée par de nombreux prix.

La disparition de Tom Stoppard marque la fin d’une époque pour le théâtre anglophone. L’artiste, décédé paisiblement à son domicile dans le sud-ouest de l’Angleterre, était considéré comme l’un des plus grands écrivains de scène de sa génération. Son œuvre, à la fois virtuose et profondément humaine, a marqué des décennies de création.

Né en Tchécoslovaquie en 1937 dans une famille juive contrainte à l’exil, sa vie fut d’abord un périple à travers Singapour et l’Inde avant de trouver refuge en Grande-Bretagne après la guerre. Cette histoire personnelle, longtemps en arrière-plan de son travail, a trouvé une expression poignante et directe dans sa dernière pièce, « Leopoldstadt », récompensée par quatre Tony Awards en 2023. Cette fresque sur le destin d’une famille juive viennoise avant la Shoah fut saluée comme son œuvre la plus personnelle.

Sa carrière fut lancée en 1967 par le succès foudroyant de « Rosencrantz et Guildenstern sont morts », une pièce absurde qui réinventait avec brio deux figurants de « Hamlet ». Ce premier coup de maître établit sa signature un mélange d’érudition, de jeu métathéâtral et d’un humour pince-sans-rire. Il abordait les questions les plus graves, du totalitarisme à la philosophie, avec une légèreté apparente et un sens aigu de la répartie, déclarant vouloir « traiter de sujets sérieux en lançant une tarte à la crème sur scène ».

Son talent s’est exprimé sur tous les fronts. Pour le cinéma, il signa le scénario oscarisé de « Shakespeare in Love » et collabora avec des réalisateurs comme Steven Spielberg ou Terry Gilliam. Au théâtre, il accumula les récompenses, dont plusieurs Tony Awards pour des pièces comme « Travesties » ou « The Coast of Utopia ». En 2014, il fut sacré meilleur dramaturge vivant aux Evening Standard Theatre Awards.

Homme d’engagements discret, il avait pris la défense des dissidents soviétiques dans les années 1970. Sa vie privée, souvent commentée par la presse, et ses trois mariages n’ont jamais éclipsé l’immense respect que lui portait le monde des arts. Ses pairs saluent aujourd’hui un esprit d’une rare générosité, un amour profond de la langue et une œuvre qui alliait sans cesse le brillant intellectuel à la franche drôlerie. Il laisse derrière lui une trentaine de pièces qui continueront de résonner sur les scènes du monde entier.

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