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Économie

La stratégie alimentaire française suspendue par Matignon

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Le gouvernement reporte une nouvelle fois la publication de son plan nutrition-climat, suscitant l’incompréhension des associations et des observateurs.

La Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat ne sera pas publiée ce vendredi comme prévu. Le document, attendu depuis plus de deux années, a été retiré in extremis sur instruction de Matignon. L’entourage du Premier ministre a justifié cette décision en indiquant que Sébastien Lecornu n’avait pas été informé et n’avait pu valider le texte en l’état.

Cette suspension intervient après une présentation aux médias où les ministères concernés avaient pourtant assuré que le document interministériel était approuvé. Les portefeuilles de l’Agriculture, de la Santé et de la Transition écologique, sollicités par la presse, ont finalement renvoyé les interrogations vers les services du Premier ministre.

Ce plan ambitieux, issu des travaux de la Convention citoyenne pour le climat, devait définir les orientations gouvernementales jusqu’en 2030 pour une alimentation plus saine et moins émettrice de gaz à effet de serre. Parmi ses mesures phares figurait un encadrement réglementaire inédit de la qualité nutritionnelle dans les établissements accueillant des publics spécifiques, des Ehpad aux structures pénitentiaires.

Les négociations avaient particulièrement buté sur la question de la consommation carnée. Le texte final évoquait une « limitation » plutôt qu’une « réduction », un glissement sémantique reflétant les tensions entre ministères. Cette formulation avait déjà provoqué un premier blocage en septembre dernier.

Le document prévoyait également de restreindre l’exposition des mineurs aux publicités pour les produits trop gras, sucrés ou salés, avec la possibilité de mesures réglementaires si les engagements volontaires s’avéraient insuffisants. Des dispositions jugées timorées par certaines organisations non gouvernementales, qui dénoncent un manque de courage politique.

L’absence de budget dédié et le flou entourant les modalités de mise en œuvre avaient été soulignés par le ministère de la Transition écologique lors de sa présentation. Le texte privilégiait une approche fondée sur l’utilisation des moyens existants.

Plusieurs observateurs pointent l’influence des groupes d’intérêt dans ces atermoiements. La dernière version aurait modifié certaines recommandations nutritionnelles, remplaçant notamment la mention des produits ultratransformés par une incitation à privilégier les aliments peu transformés.

Ce nouveau report intervient alors qu’une enquête médiatique révélait des modifications de dernière minute concernant les conseils nutritionnels. Pour les associations environnementales et de santé publique, ces blocages répétés compromettent la nécessaire transition alimentaire et aggravent les enjeux écologiques et sanitaires.

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