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Économie

L’Ecotrain fait étape devant le palais présidentiel

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Une navette ferroviaire innovante conçue pour les territoires ruraux est présentée pour la première fois au public dans le cadre de l’exposition Fabriqué en France.

Un convoi exceptionnel a traversé Paris avant l’aube pour livrer un prototype unique devant le palais de l’Élysée. Cette navette électrique de douze mètres, baptisée Ecotrain, représente une nouvelle approche du transport ferroviaire destinée aux zones rurales. Son exposition jusqu’à dimanche soir s’inscrit dans la cinquième édition de l’événement Fabriqué en France qui met cette année à l’honneur l’industrie ferroviaire.

Le design épuré de l’engin, orné de simples courbes multicolores, a rapidement attiré l’attention des premiers curieux. À l’origine de ce projet se trouve Philippe Bourguignon, ancien cadre dirigeant d’Engie, qui a imaginé ce train léger et économique pour répondre aux difficultés de mobilité rencontrées dans les campagnes. Sa fille Claire, présente sur place, confie que son père s’est entièrement investi dans cette aventure depuis sa retraite.

Développé en collaboration avec des chercheurs de Mines-Télécom et de l’IMT-Université de Lille, l’Ecotrain figure parmi les cinq lauréats d’un appel à projets national soutenu par l’Ademe et le programme France 2030. Le véhicule électrique et autonome peut transporter trente passagers à une vitesse maximale de cent kilomètres heure. Son système de détection lui permet de freiner automatiquement en cas de présence sur les voies.

L’ambition du coordinateur du projet est de réutiliser les centaines de kilomètres de voies ferrées délaissées à travers le pays. Pour assurer la rentabilité du modèle, il envisage que les mêmes équipes techniques s’occupent à la fois du matériel roulant et de l’entretien des infrastructures, à l’image des cheminots d’autrefois. La navette pourrait également servir au transport local de marchandises.

Plusieurs petites et moyennes entreprises spécialisées dans le secteur ferroviaire ont participé à la réalisation du prototype. La jeune société, récemment constituée dans les Hauts-de-France, entame des discussions avec plusieurs régions françaises tout en recevant des marques d’intérêt de l’étranger. Le modèle économique prévoit la vente de licences pour favoriser des fabrications locales, une approche différente de celle des grands groupes industriels.

Le budget consacré à la recherche et au développement atteint environ huit millions d’euros, majoritairement financés par des subventions. L’équipe espère que cette exposition présidentielle lui apportera la visibilité nécessaire pour réaliser une nouvelle levée de fonds de deux à trois millions d’euros. L’objectif final reste le lancement d’une première ligne expérimentale à échelle réelle, après avoir obtenu les homologations requises et conclu les contrats commerciaux nécessaires.

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