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Économie

Le gouvernement essuie un échec sur la fiscalité des retraités

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Les députés ont rejeté la suppression de l’abattement de 10% sur les pensions, une mesure qui devait rapporter 1,2 milliard d’euros à l’État.

L’exécutif a subi un revers notable ce jeudi lors de la reprise des discussions budgétaires à l’Assemblée nationale. Une coalition hétéroclite rassemblant la gauche, le Rassemblement National et Les Républicains a fait échouer la proposition gouvernementale visant à supprimer l’avantage fiscal dont bénéficient les retraités. Ce dispositif, qui accorde un abattement de 10% sur les pensions avec un plafond de 2 000 euros, était présenté par le ministère des Comptes publics comme un moyen de renforcer la solidarité entre générations de retraités.

Les oppositions ont fermement condamné cette mesure, la qualifiant d’atteinte au pouvoir d’achat des personnes ayant cotisé toute leur vie. Le président du groupe Les Républicains a martelé son refus de voir les pensions devenir la cible de nouvelles ponctions fiscales. Un élu communiste a précisé que la suppression de cet avantage aurait concerné toute retraite mensuelle dépassant 1 667 euros. Dans le camp présidentiel, un député a au contraire salué le courage d’une réforme visant à corriger ce qu’il considère comme un privilège injustifié.

Ce vote intervient dans un contexte parlementaire particulièrement tendu autour du projet de loi de finances. Plus de 2 100 amendements restent en suspens sur la seule section consacrée aux recettes, rendant incertain l’aboutissement des débats dans les délais constitutionnels. Des accusations d’obstruction délibérée ont fusé dans l’hémicycle, le gouvernement étant soupçonné de vouloir éviter un scrutin qui pourrait lui être défavorable.

Le calendrier législatif apparaît d’autant plus complexe que plusieurs mesures fiscales majeures attendent encore leur examen. Parmi elles figurent la taxation des petits colis en provenance de l’étranger et l’augmentation des droits de timbre pour les titres de séjour, deux sujets qui cristallisent les tensions. La précédente session avait déjà vu l’adoption de plusieurs contributions visant les multinationales et les superdividendes, provoquant l’irritation de la majorité présidentielle.

Cette séquence budgétaire révèle les difficultés rencontrées par l’exécutif pour imposer sa ligne économique face à une Assemblée fragmentée. Les arbitrages fiscaux, particulièrement sensibles dans le contexte actuel, continueront d’alimenter les débats dans les prochains jours, alors que la date limite de transmission au Sénat approche inexorablement.

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