Économie
Le monde agricole français vent debout contre la position de Macron sur le Mercosur
Le président français a exprimé une ouverture à l’accord commercial avec les pays sud-américains, déclenchant une levée de boucliers immédiate des organisations professionnelles.
Les responsables agricoles ont vivement réagi aux déclarations du chef de l’État qui s’est montré favorable à la conclusion du partenariat commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. Lors d’un point presse en marge du sommet préparatoire à la COP30 au Brésil, le président français a fait part de son positionnement positif tout en affirmant maintenir une attitude de vigilance.
La ministre de l’Agriculture a rapidement pris ses distances avec ces propos, estimant que les garanties obtenues pour préserver les intérêts des producteurs hexagonaux restaient insuffisantes. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, elle a rappelé que les exigences françaises n’étaient pas encore satisfaites malgré certaines avancées.
La FNSEA, principale organisation agricole, a qualifié ce revirement de reniement complet. Son président a dénoncé le choix du lieu et du moment pour cette annonce, y voyant une rupture symbolique avec le secteur agricole national. Il a assuré que la profession se montrerait combative pour défendre son modèle économique et sa souveraineté alimentaire, avec le soutien de l’opinion publique.
La Coordination rurale a abondé dans ce sens, jugeant que cet accord signifierait l’asphyxie de l’agriculture française. L’organisation a rejeté catégoriquement les clauses de sauvegarde évoquées, réclamant plutôt le retrait pur et simple des secteurs agricoles des négociations commerciales.
Ce projet d’accord, en discussion depuis de nombreuses années, prévoit une libéralisation des échanges entre l’UE et quatre nations sud-américaines. Il permettrait aux industriels européens d’exporter davantage de produits manufacturés tout en facilitant l’entrée de denrées agricoles sur le marché communautaire via une réduction des barrières douanières.
Les professionnels français redoutent une concurrence déloyale face à des productions issues de normes environnementales et sanitaires moins exigeantes. Le secteur bovin, déjà fragilisé, craint particulièrement l’impact de ces nouvelles règles commerciales, les importations en provenance du Mercosur affichant déjà des prix inférieurs de 18 à 32 pourcent.
La position française exige notamment la mise en place de mesures miroirs garantissant l’application des mêmes standards aux produits importés, ainsi que des mécanismes de contrôle renforcés. Les discussions se poursuivent alors que le Brésil et la Commission européenne ont manifesté leur volonté de finaliser cet accord lors du prochain sommet du Mercosur prévu à Rio de Janeiro.
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