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Sylvie Vartan, l’émouvant retour aux sources bulgares
La chanteuse française d’origine bulgare a retrouvé son public lors de la projection d’un documentaire retraçant son parcours, partagé entre la France et sa terre natale.
Dans la salle comble du Palais national de la culture à Sofia, Sylvie Vartan s’est adressée avec émotion au public venu assister à la première du film qui lui est consacré. Visiblement touchée, l’artiste s’est interrogée sur la langue à utiliser pour s’exprimer devant ses compatriotes. La projection a donné lieu à de nombreux moments poignants, particulièrement lors de l’évocation de son départ précipité de Bulgarie en 1952, alors qu’elle n’avait que huit ans.
Le documentaire retrace le destin exceptionnel de cette figure emblématique de la génération yéyé, contrainte de fuir le régime communiste avec sa famille pour trouver refuge en France. Pendant près de cinquante minutes, artiste et spectateurs ont partagé une intense communion, évoquant son ascension fulgurante dans le monde musical français tandis que les Bulgares, derrière le rideau de fer, ne pouvaient alors qu’entendre parler de son succès. Son père, alors attaché de presse à l’ambassade de France, avait saisi l’opportunité rare de gagner l’Ouest avec sa famille.
L’artiste a confié au public sa difficulté persistante face aux séparations, évoquant le souvenir indélébile de son grand-père agitant un mouchoir derrière le train qui l’emportait. Cette image semble avoir marqué à jamais sa relation aux adieux. Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha, dernier souverain bulgare, a salué en elle « un trésor national » qui n’a jamais renié ses origines, contrairement à d’autres compatriotes ayant connu le succès à l’étranger.
Le producteur Georgi Toshev souligne que le film met en lumière comment la Bulgarie constitue le fil conducteur de toute son existence, malgré la rupture précoce avec sa terre natale. L’artiste elle-même confirme avoir conservé des souvenirs extrêmement nets et contrastés de son enfance bulgare, évoquant d’un côté la chaleur familiale et la sérénité, de l’autre l’atmosphère anxiogène du régime totalitaire. Dès 1968, sa chanson « La Maritza » laissait déjà transparaître cette nostalgie du pays perdu.
Son retour à Sofia après la chute du mur de Berlin lui révéla une nation libre mais économiquement exsangue. Face à la détresse générale, elle créa une association pour équiper les maternités, engagement humanitaire qui lui valut en 2004 la plus haute distinction de l’État bulgare. Aujourd’hui, elle se réjouit des transformations accomplies et exprime sa confiance dans la jeunesse pour poursuivre cette évolution positive.
Les saveurs culinaires transmises par sa mère constituent un autre lien tangible avec ses racines. La banitsa, la moussaka, les poivrons farcis ou le kyopolou restent pour elle autant de ponts sensibles vers la Bulgarie, qu’elle fait revivre à travers sa cuisine. « J’ai toujours un faible pour la Bulgarie », confie-t-elle, « et j’y retourne toujours, d’une manière ou d’une autre ».
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