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Économie

Los Angeles, une économie locale paralysée par la chasse aux sans-papiers

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Les mesures fédérales contre l’immigration clandestine ont plongé les commerces du Fashion District dans une inquiétante léthargie. Restaurateurs et détaillants dénoncent un climat de peur qui éloigne leur clientèle.

À l’heure où les tables devraient afficher complet, le restaurant Cuernavaca’s Grill, établissement réputé du quartier commerçant de Los Angeles, peine à remplir sa salle. La propriétaire, Nayomie Mendoza, constate une chute vertigineuse de son chiffre d’affaires depuis le renforcement des opérations de l’ICE, la police de l’immigration américaine. Les livraisons à domicile constituent désormais l’essentiel de son activité, ses clients préférant éviter de se déplacer.

Le Fashion District, habituellement bouillonnant, ressemble aujourd’hui à une zone désertée. Les descentes musclées des agents fédéraux, présentées comme une priorité par l’administration Trump, ont instillé un sentiment de méfiance généralisé. Près d’un tiers des habitants de Los Angeles étant nés à l’étranger, les récentes manifestations contre ces opérations illustrent la tension palpable. Les autorités locales, accusées par Washington d’encourager les troubles, se heurtent à une politique fédérale inflexible.

Les conséquences économiques sont sévères. Certains commerces ont purement et simplement baissé le rideau, tandis que d’autres réduisent drastiquement leurs horaires. Manuel Suarez, vendeur de jouets depuis trente-cinq ans dans le quartier, évoque une situation plus critique encore que lors de la pandémie de Covid-19. Les boutiques survivent au ralenti, leurs propriétaires scrutant chaque mouvement suspect depuis les toits, prêts à alerter leurs pairs à la moindre présence des forces de l’ordre.

Dans ce climat de défiance, les commerçants s’organisent. Talkies-walkies et veilles improvisées rythment leurs journées, transformant la vie du quartier en une partie d’échecs angoissante. Jose Yern, gérant d’une boutique de robes de mariage, résume l’ambiance d’un mot : la peur. Une peur qui, selon lui, frappe indistinctement travailleurs sans-papiers et entrepreneurs établis, menaçant l’équilibre déjà fragile d’une économie locale profondément interconnectée.

Malgré les pressions, la résistance s’organise. « Personne ne compte plier bagage », confie un vendeur sous couvert d’anonymat. La détermination est là, mais l’issue de cette épreuve de force reste incertaine. Pour les commerçants de Los Angeles, l’enjeu dépasse la simple survie économique : il en va de l’identité même d’une ville bâtie par et pour les immigrés.

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