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77 ans après la Nakba, les Palestiniens redoutent un nouvel exode

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Alors que les commémorations battent leur plein, la peur d’une répétition de l’histoire hante les esprits, face aux opérations militaires israéliennes et aux déclarations politiques incendiaires.

En Cisjordanie occupée, les drapeaux palestiniens et les emblèmes noirs du souvenir flottent aux carrefours de Ramallah, marquant le 77e anniversaire de la Nakba, cette « catastrophe » qui a chassé près de 760 000 Arabes de Palestine lors de la création d’Israël en 1948. Pourtant, dans la bande de Gaza, ravagée par près de deux ans de conflit, aucune cérémonie officielle n’est organisée, tant la guerre a laissé des traces indélébiles.

Pour Malak Radwan, une mère de famille gazouie de 36 ans, la Nakba n’est plus un simple souvenir, mais une réalité quotidienne. Après avoir perdu son mari et vu sa maison réduite en ruines, elle erre avec ses enfants de tente en tente, survivant dans un environnement où la sécurité est inexistante. « La Nakba, c’est voir son enfant dépérir sous ses yeux sans pouvoir agir », confie-t-elle, évoquant les privations et les bombardements qui ont déplacé la majorité des 2,4 millions d’habitants de l’enclave.

La crainte d’un exode définitif s’est intensifiée avec les propos de responsables israéliens et américains évoquant un possible transfert de population hors de Gaza. Des déclarations qui résonnent comme un écho sinistre aux événements de 1948. À Ramallah, Lina Abou Kouweik insiste sur l’importance de transmettre cette mémoire : « Si nous oublions notre histoire, notre cause disparaîtra. »

En Cisjordanie, l’armée israélienne mène des opérations dans des camps de réfugiés, provoquant le déplacement de milliers de personnes. Nail Nakleh, descendant de réfugiés, dénonce une « Nakba quotidienne » à travers ces attaques. Les discussions parmi les manifestants tournent autour des projets d’annexion, des menaces de conquête totale de Gaza et des restrictions imposées à l’UNRWA, l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens.

Même en Israël, des voix s’élèvent. À Tel-Aviv, une centaine de personnes, dont des Juifs israéliens, ont manifesté en solidarité avec les Palestiniens. Naji Elali Abou Shehadeh, étudiant d’origine palestinienne, condamne le « génocide » à Gaza, tandis que Solafa Makhoul, organisatrice de l’événement, salue cette rare convergence des luttes.

Symbole omniprésent, la clé du retour, représentant les foyers perdus en 1948, rappelle l’attachement viscéral des Palestiniens à leur terre. Soixante-dix-sept ans plus tard, le droit au retour reste au cœur de leurs revendications, alors que l’ombre d’une nouvelle catastrophe plane plus que jamais.

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