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3919, une ligne d’écoute sous tension

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Les appels pour violences conjugales ont atteint un niveau record l’an dernier, représentant la quasi-totalité des contacts reçus par le numéro national d’écoute. Les associations dénoncent un système de prise en charge saturé.

Le numéro d’écoute 3919 a traité plus de cent huit mille appels en 2025, selon les données annuelles publiées par la structure gestionnaire. Cette activité marque une progression de près de huit pour cent par rapport à l’année précédente, constituant la plus forte hausse enregistrée depuis la période de confinement. La très grande majorité de ces communications, plus de neuf sur dix, concernaient des situations de violences au sein du couple.

Les responsables de la ligne d’écoute soulignent que cette augmentation reflète à la fois une meilleure connaissance de ce service anonyme et gratuit, et les difficultés croissantes d’accès à un accompagnement de proximité sur l’ensemble du territoire. De nombreux appels traduiraient ainsi la saturation des dispositifs locaux et l’insuffisance de leurs moyens financiers.

Les violences rapportées sont le plus souvent multiples. Les violences psychologiques, incluant parfois des menaces de mort, sont évoquées dans plus de huit cas sur dix. Les violences physiques sont signalées dans près de la moitié des situations, avec une mention spécifique pour les strangulations ou les étouffements. Les violences à caractère économique, comme la privation de ressources, ont connu une nette augmentation.

Les répercussions sur la santé des victimes sont massives. Une écrasante majorité des appelantes souffrent de troubles anxieux ou de stress. Des états dépressifs, une perte d’estime de soi, et dans certains cas des comportements auto-agressifs ou des idées suicidaires sont également rapportés. La présence d’enfants dans ces contextes violents est très fréquente, beaucoup d’entre eux étant exposés à des scènes traumatisantes ou subissant directement des maltraitances.

Les auteurs de ces violences présentent souvent un profil de récidive. Une large part d’entre eux avaient déjà commis des faits similaires au sein d’une relation antérieure ou à l’encontre d’enfants. Ces données confirment l’urgence d’une réponse coordonnée et dotée de moyens pérennes pour prévenir les violences et protéger les victimes.

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