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Économie

Washington mobilise une coalition pour contrer l’hégémonie chinoise sur les métaux stratégiques

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Face à la mainmise de Pékin sur les ressources essentielles à l’industrie moderne, les États-Unis orchestrent une riposte diplomatique d’envergure. Une cinquantaine de nations sont conviées à la table des négociations pour bâtir une chaîne d’approvisionnement alternative.

L’administration américaine a réuni mercredi à Washington les représentants d’une large coalition internationale. L’objectif affiché est de structurer une coopération autour des minerais critiques et des terres rares, des composants indispensables aux technologies de pointe, à la transition énergétique et aux industries de défense. Cette initiative, présentée comme historique par le département d’État, vise explicitement à réduire la dépendance mondiale vis-à-vis de la Chine, qui domine aujourd’hui l’ensemble de la filière, de l’extraction à la transformation.

La réunion, placée sous la houlette du secrétaire d’État Marco Rubio, avec la participation du vice-président JD Vance, s’inscrit au cœur de la politique de réindustrialisation portée par le président Donald Trump. La sécurisation de l’accès à ces matières premières est érigée en priorité stratégique, au même titre que la politique commerciale. Washington entend ainsi passer des accords bilatéraux à la construction d’un front commun avec ses alliés, soucieux eux aussi de diversifier leurs sources d’approvisionnement.

Dans cette optique, les États-Unis prévoient de constituer une réserve nationale de terres rares d’une valeur de douze milliards de dollars. Cette mesure répond aux vulnérabilités exposées par la domination chinoise, notamment dans la production d’aimants permanents essentiels aux véhicules électriques, aux éoliennes ou à l’électronique. Pékin n’a pas hésité par le passé à instrumentaliser cette dépendance comme levier de pression dans ses relations commerciales, notamment avec le Japon ou lors des tensions avec Washington.

La présence de délégations européennes, indiennes, sud-coréennes et israéliennes témoigne de l’ampleur des préoccupations partagées. L’Union européenne, représentée par le commissaire Stéphane Séjourné, cherche notamment à coordonner ses efforts avec ceux des Américains pour éviter une surenchère concurrentielle entre alliés sur les marchés tiers, comme l’Australie riche en ressources. Pour de nombreux observateurs, cette démarche collective marque un infléchissement notable par rapport à l’unilatéralisme souvent affiché par l’administration Trump sur d’autres dossiers.

Des experts soulignent que l’année écoulée a conduit à une prise de conscience aiguë des déséquilibres géostratégiques liés aux métaux. La concentration des capacités de raffinage et de transformation en Chine est désormais perçue comme un risque systémique pour les économies occidentales. La réunion de Washington constitue ainsi une tentative d’organiser une réponse structurelle à un défi qui dépasse largement le cadre strictement commercial pour toucher à la sécurité économique et nationale.

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