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Une prime de 1 000 euros pour accoucher localement suscite la controverse

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La proposition d’une municipalité du Cher pour soutenir sa maternité en difficulté est vivement critiquée par plusieurs organisations professionnelles, qui mettent en avant des impératifs de sécurité des patientes.

La commune de Saint-Amand-Montrond envisage d’attribuer une aide financière aux femmes qui choisiraient d’y donner naissance. Ce dispositif, qui prendrait la forme de bons d’achat d’une valeur de mille euros à utiliser chez les commerçants locaux, vise explicitement à relancer l’activité de la structure obstétricale. Celle-ci, avec une projection de seulement deux cent vingt-six naissances pour l’année prochaine, se situe en effet bien en deçà du seuil réglementaire de trois cents accouchements annuels, ce qui compromet son maintien.

Quatre syndicats représentant les anesthésistes-réanimateurs, les gynécologues-obstétriciens, les pédiatres et les urgentistes hospitaliers ont exprimé leur ferme opposition à ce projet. Ils estiment que le lieu d’accouchement doit être déterminé par des considérations médicales et non par un avantage pécuniaire. Selon eux, la menace de fermeture qui pèse sur certaines maternités est avant tout liée à des questions de sécurité des soins, un volume d’activité trop faible ne permettant pas aux équipes de maintenir une expertise suffisante pour gérer des complications graves et multidisciplinaires.

Les organisations professionnelles prônent une réorganisation du système, avec la centralisation des naissances dans des unités à haut volume d’activité et la transformation des petites structures en centres de périnatalité de proximité assurant le suivi de grossesse et postnatal. Un récent rapport de la Cour des comptes abonde dans ce sens, pointant les difficultés récurrentes des établissements de taille modeste à recruter et retenir un personnel qualifié.

La décision finale concernant cette prime municipale, dont le financement serait partagé entre la commune et l’intercommunalité, doit être prise dans les prochains jours par les assemblées locales. Le maire à l’origine de cette initiative espère ainsi reconquérir une partie des patientes du département qui se rendent actuellement dans les maternités des villes voisines plus importantes.

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