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Un village chrétien du Sud-Liban face aux tirs, entre résistance et appel à l’État

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Alors que les hostilités s’intensifient le long de la frontière, la communauté de Qlayaa, endeuillée par la perte de son prêtre, exige des forces armées nationales qu’elles assurent sa sécurité et préserve sa neutralité.

Les funérailles du père Pierre al-Rahi ont rassemblé une population unie dans le chagrin et la détermination. Ce religieux a trouvé la mort sous le feu de l’artillerie israélienne, plongeant cette localité jusqu’alors épargnée dans le conflit qui secoue la région. L’inhumation, empreinte de gravité, s’est déroulée dans un contexte de tensions persistantes, ponctuées par le vrombissement des drones militaires.

Les habitants expriment un attachement viscéral à leurs terres et rejettent toute idée d’évacuation. Ils décrivent une existence brutalement bouleversée en l’espace de quelques jours. Une habitante relate ainsi comment son foyer a été touché par un projectile peu après le décès du curé, un épisode vécu comme un double traumatisme. Pour cette communauté, la présence du Hezbollah et les ripostes israéliennes qui en découlent menacent directement leur quiétude.

Lors de la cérémonie, la visite du commandant en chef de l’armée libanaise a donné lieu à des échanges tendus. Les villageois lui ont fermement signifié leurs attentes. Ils estiment que l’institution militaire, qui avait renforcé ses positions dans le sud après le précédent cycle de violences, doit désormais remplir pleinement son rôle de protection des civils. Leur requête centrale est claire. Ils demandent l’application stricte des résolutions visant à empêcher toute activité armée à proximité de leurs habitations, considérant que ces actions exposent injustement des localités neutres à des représailles.

Le sentiment d’abandon par l’État est palpable. Les résidents, pour beaucoup des enseignants, des commerçants ou d’anciens militaires, affirment leur volonté de rester coûte que coûte. Ils invoquent un droit fondamental à la paix et à la sécurité sur leurs terres ancestrales, refusant de devenir les victimes collatérales d’un affrontement qui, selon eux, les dépasse. Leur colère est tempérée par une lassitude profonde, après des décennies de crises successives ayant frappé le sud du pays. Le message adressé aux autorités est un appel à la responsabilité, pour que cessent les sacrifices imposés à des populations civiles qui aspirent simplement à une vie normale.

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