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Un rempart de pierres pour sauver les eaux d’Oléron

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Face à l’avancée de l’océan, l’île déploie une défense innovante pour protéger une infrastructure essentielle de son littoral.

Sur la plage des Allassins, à l’ouest de l’île d’Oléron, des engins de chantier assemblent une barrière singulière. Des filets de gabions, pesant chacun plusieurs tonnes, sont empilés au pied du cordon dunaire. Cette structure constitue une réponse immédiate à une menace pressante, l’érosion côtière qui grignote ce rivage à un rythme soutenu, pouvant atteindre vingt mètres par an.

L’enjeu dépasse la simple protection du sable. À quelques centaines de mètres seulement de la ligne de rivage se trouvent les bassins d’infiltration d’une station d’épuration. Le recul du trait de côte, anticipé pour 2030 mais déjà effectif sur vingt-cinq mètres en raison des tempêtes récentes, rapproche dangereusement l’océan de cette installation. L’objectif prioritaire est d’éviter toute intrusion d’eau salée dans le système de lagunage, ce qui compromettrait son fonctionnement, et de prévenir un affaissement de la dune qui pourrait conduire à un écoulement des eaux traitées vers la plage.

Ce dispositif défensif, d’un coût de 620 000 euros, est conçu comme une solution transitoire. Sa particularité réside dans sa flexibilité. Les sacs de pierre, dont la matière première est locale mais dont la conception est japonaise, peuvent être repositionnés. Ils agissent comme un amortisseur face à l’assaut des vagues. Cette méthode, encore peu éprouvée sur le littoral français, fait l’objet d’une attention particulière de la part de nombreuses collectivités confrontées à des défis similaires.

La pérennité de l’ouvrage est limitée dans le temps. Un projet de plus grande envergure prévoit, à l’horizon de cinq ans, de rediriger les eaux traitées vers un autre exutoire en mer. Cette réorientation nécessite des investissements conséquents, mais elle s’impose comme une nécessité pour garantir à long terme l’assainissement dans cette partie de l’île. La situation oléronnaise s’inscrit dans un contexte plus large d’érosion accélérée sur la façade atlantique, où plusieurs édifices ont déjà dû être abandonnés ou démolis face à l’avancée de l’océan.

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