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Un refuge flottant pour les oubliés de Prague

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Face à une précarité grandissante, la capitale tchèque a transformé une ancienne péniche en un dortoir d’urgence. Cette initiative, devenue la plus importante du pays, illustre les difficultés persistantes d’une partie de la population.

Sur les quais de la Vltava, à la nuit tombée, une file d’attente se forme devant l’Hermes. Cette embarcation, autrefois dévolue au transport de matériaux, offre désormais un abri nocturne à près de cent quatre-vingts personnes. Le phénomène de l’absence de domicile fixe prend une ampleur significative en République tchèque, où les estimations officielles font état de dizaines de milliers de personnes concernées, dont un nombre non négligeable d’enfants.

À bord, Jaromir Cervenka veille au bon fonctionnement des lieux depuis leur ouverture. Pour cet homme de quarante-neuf ans, comme pour de nombreux autres, le bateau représente bien plus qu’un simple toit. Il permet de bénéficier d’un minimum de confort, avec la possibilité de se laver et de se reposer à l’abri du froid. L’occupation des couchettes varie selon les saisons, atteignant sa capacité maximale lors des périodes hivernales.

Les autorités publiques ont adopté une législation visant à faciliter l’accès au logement, mais les actions concrètes tardent à se matérialiser. En l’absence de réponse structurelle suffisante, des organisations caritatives prennent le relais. L’Armée du salut a notamment mis en place un système de financement participatif, permettant aux citoyens de contribuer au fonctionnement des hébergements par l’achat de bons virtuels.

Le fonctionnement du refuge est soumis à des règles strictes. L’accès est conditionné à la sobriété et à l’autonomie physique pour franchir la passerelle d’accès. Une fois inscrits, les résidents peuvent utiliser les sanitaires mais ne sont pas autorisés à préparer des repas chauds pour des raisons de sécurité. Chaque matin, les lits doivent être libérés tôt, renvoyant chacun à la recherche de solutions pour la journée.

Pour des individus comme David Mudroch, vingt-deux ans, l’Hermes constitue un recours temporaire entre deux emplois ou après un revers personnel. Son histoire reflète la précarité de situations qui peuvent basculer rapidement, même pour les plus jeunes. Le bateau-dortoir, bien que nécessaire, apparaît ainsi comme un palliatif face à des problématiques sociales plus profondes et durables.

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