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Société

Un père face à son fils, l’urne pour arbitre

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Dans plusieurs communes de France, les élections municipales prennent des allures de règlements de comptes familiaux. Des candidatures opposant parents et enfants révèlent des fractures profondes, où l’intime se mêle au politique.

À Mennecy, dans l’Essonne, le maire sortant Jean-Philippe Dugoin-Clément se prépare à défendre son siège. Son principal adversaire n’est autre que son propre père, Xavier Dugoin, qui lui avait pourtant cédé la mairie il y a plus de dix ans. L’ancien édile, âgé de soixante-dix-huit ans, justifie son retour par un désaccord fondamental avec la politique menée par son fils. Ce dernier, de son côté, affirme avoir découvert cette candidature comme tout un chacun et y voit avant tout une divergence idéologique, refusant de la réduire à une simple querelle domestique. Leurs relations, rompues depuis près de deux ans, semblent désormais se régler sur la place publique, à coups de tracts et de déclarations contradictoires.

Cette configuration singulière n’est pas isolée. D’autres territoires connaissent des dynamiques similaires à l’approche du scrutin. Dans la commune de Beausoleil, sur la Côte d’Azur, Nicolas Spinelli affronte son père, le maire sortant Gérard Spinelli. L’ancien adjoint, qui a démissionné de ses fonctions, évoque des désaccords persistants sur la gestion urbaine et des accusations graves portées en dehors du strict cadre politique. Le conflit dépasse ici la seule rivalité électorale, teinté d’allégations personnelles et d’un passif judiciaire pour l’élu en place.

Plus au nord, à Hautmont, une opposition père-fils se rejoue après s’être déjà manifestée lors du précédent mandat. En Polynésie française, une candidate se présente quant à elle contre son beau-père. Ces situations, bien que rares, dessinent un paysage où les lignes de fracture familiales recoupent les clivages politiques, créant des campagnes particulièrement tendues. Les protagonistes insistent souvent sur la nature technique de leurs désaccords, cherchant à dépasser le récit personnel. Pourtant, l’histoire familiale et la connaissance intime du fonctionnement municipal deviennent des atouts, ou des armes, dans une compétition où l’affect et la raison d’État se confondent inextricablement.

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