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Un opposant cubain contraint à l’exil après des mois de détention

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Le dissident José Daniel Ferrer a annoncé son départ forcé de Cuba, dénonçant des pressions persistantes des autorités et des conditions de détention qu’il qualifie d’inhumaines.

L’activiste cubain José Daniel Ferrer, figure historique de l’opposition démocratique, a fait savoir qu’il acceptait de quitter son pays après avoir subi ce qu’il décrit comme des pressions continues des services de sécurité. Dans une lettre datée du 10 septembre et transmise par son épouse, il affirme avoir cédé face aux insistances répétées des autorités pour qu’il s’exile.

Le dissident évoque des traitements sévères durant ses derniers mois de détention dans l’est de Cuba, mentionnant des violences physiques, des privations et des conditions carcérales extrêmes. Son épouse a indiqué que son départ pourrait intervenir dès lundi vers une destination non précisée, bien que ses documents de voyage restent entre les mains des autorités cubaines.

Âgé de 55 ans, José Daniel Ferrer milite depuis des décennies en faveur d’une transition démocratique par des moyens pacifiques. Fondateur du mouvement Union patriotique de Cuba, considéré comme illégal par le gouvernement, il a connu plusieurs emprisonnements. Libéré en janvier dans le cadre d’un accord international, il avait été de nouveau incarcéré en avril dernier.

Dans sa correspondance, l’opposant exprime son amertume face à ce qu’il perçoit comme une position trop conciliante de la communauté internationale envers le gouvernement cubain. Il souligne que seuls les États-Unis maintiennent selon lui une ligne ferme contre le régime communiste. Malgré son départ, il affirme conserver son honneur et sa détermination, laissant entendre que son éloignement ne serait que temporaire.

Son parcours militant remonte à 2003, lorsqu’il fut condamné à vingt-cinq ans de prison lors de la vague de répression connue sous le nom de « Printemps noir ». Libéré en 2011 après des médiations ecclésiastiques, il avait alors refusé de s’exiler malgré les propositions des autorités. Récemment, ses activités incluaient une cantine sociale pour personnes démunies, financée depuis l’étranger et considérée comme illégale par les autorités.

L’opposant reconnaît les divisions au sein de la dissidence cubaine, tout en exprimant sa confiance en ceux qui continuent le combat démocratique. Son cas illustre les difficultés persistantes rencontrées par les voix critiques dans le pays, particulièrement depuis les manifestations de juillet 2021 qui ont conduit à un renforcement de la répression.

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