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Culture

Un mémorial taïwanais pour les soldats alliés tombés dans l’oubli

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À Jinguashi, un lieu de mémoire unique en Asie honore les milliers de militaires internés par l’armée japonaise durant le conflit mondial.

Sur les hauteurs de New Taipei City, les noms gravés dans la pierre racontent une page méconnue de la Seconde Guerre mondiale. Le mémorial de Jinguashi, érigé sur l’emplacement d’un ancien camp de prisonniers japonais, rend hommage à plus de 4 000 soldats alliés capturés en Asie du Sud-Est entre 1942 et 1945. Américains, Britanniques, Australiens ou encore Néerlandais y furent contraints au travail forcé dans des conditions extrêmes, loin des récits habituels sur cette période.

Pendant des décennies, l’existence même de ces camps taïwanais est restée dans l’ombre. Les survivants, marqués par les privations et les mauvais traitements, ont souvent préféré se taire. Les historiens, quant à eux, ont tardé à s’intéresser à ce chapitre douloureux. Aujourd’hui, seuls quelques vestiges subsistent, comme ce fragment de mur ou ce poteau témoignant de l’ancien camp de Kinkaseki, considéré comme l’un des plus rudes de la région.

Parmi les détenus figurait le médecin Ben Wheeler, dont les carnets ont inspiré un documentaire réalisé par sa fille. Son témoignage décrit des hommes épuisés, confrontés à la faim, aux maladies et à des interventions médicales pratiquées dans des conditions précaires. Des récits qui contrastent avec l’image paisible des lieux aujourd’hui, entourés de collines verdoyantes.

Un travail de mémoire essentiel, selon les visiteurs locaux, qui découvrent souvent cette histoire pour la première fois. Les familles des anciens prisonniers, elles aussi, cherchent encore à reconstituer le parcours de leurs aînés. Preuve que, huit décennies plus tard, ces destins brisés continuent de questionner et d’émouvoir.

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