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Un jihadiste présumé mort jugé pour génocide contre les Yazidis

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_**Pour la première fois en France, la cour d’assises de Paris examine les crimes de l’État islamique contre la minorité religieuse, à travers le procès par défaut de Sabri Essid.**_

L’audience s’ouvre ce lundi devant une formation spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels. L’accusé, un Français né à Toulouse en 1984 et rallié à l’organisation État islamique en 2014, est présumé avoir péri en Syrie en 2018. En l’absence de certificat de décès, la justice le considère en fuite et le juge en son absence pour des faits survenus entre 2014 et 2016. Il est poursuivi pour génocide, crimes contre l’humanité et complicité de ces actes.

Trois femmes appartenant à la communauté yazidie se sont constituées parties civiles. Deux d’entre elles témoigneront au cours de cette semaine d’audience. Leurs avocats soulignent l’importance de qualifier juridiquement les violences subies, au-delà du seul cadre antiterroriste. Il s’agit de faire reconnaître la politique d’extermination systématique mise en œuvre à l’encontre de ce groupe religieux pré-islamique, établi dans le nord de l’Irak et de la Syrie.

Les investigations ont établi que Sabri Essid, connu sous le nom de guerre d’Abou Dojanah al-Faransi, aurait activement participé au système d’asservissement instauré par l’EI. Les magistrats instructeurs relèvent qu’il a acheté plusieurs femmes yazidies sur des marchés aux esclaves, les a soumises à des viols répétés et leur a infligé des privations de nourriture et d’eau. Ces agissements s’inscrivent dans le contexte plus large de l’offensive lancée en août 2014 contre la région du Sinjar, où des centaines de milliers de Yazidis ont été tués, capturés ou déplacés de force.

Figure connue des services antiterroristes français, l’individu avait été condamné en 2009 pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. Proche des frères Clain et de Mohamed Merah, il avait rejoint la zone irako-syrienne début 2014 avec sa famille. Une vidéo de propagande diffusée en mars 2015 le montrait incitant son beau-fils, alors âgé de douze ans, à exécuter un otage. Son épouse, revenue en France et depuis incarcérée, doit être entendue comme témoin.

Cette procédure est une première sur le territoire national, mais s’inscrit dans une dynamique judiciaire européenne. L’Allemagne, la Suède et la Belgique ont déjà rendu des verdicts pour des crimes similaires commis contre les Yazidis. Une autre affaire du même ordre, concernant un ancien émir de l’EI et son ex-compagne, est attendue devant les assises parisiennes en 2027.

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