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Économie

Un glissement de terrain meurtrier dans une mine de coltan sous contrôle rebelle

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Les autorités congolaises redoutent un bilan très lourd après l’effondrement d’un pan de colline sur un site minier artisanal de l’est du pays, une région en proie à l’instabilité et à l’exploitation illégale des ressources.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a fait part de ses craintes quant à un nombre de victimes dépassant les deux cents personnes. Cet événement s’est produit sur le vaste périmètre minier de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu, un site qui fournit une part substantielle de la production mondiale de coltan, un minerai essentiel à l’industrie électronique. La zone est sous la coupe du groupe armé M23 depuis le printemps dernier.

L’effondrement d’une paroi rocheuse a enseveli de nombreux travailleurs mercredi après-midi, selon les informations fragmentaires parvenues à Kinshasa. Un second mouvement de terrain aurait été signalé le lendemain. La cité minière de Rubaya, qui s’étend sur des dizaines de kilomètres carrés, est exploitée par des milliers de creuseurs artisanaux. Leurs conditions de travail sont extrêmement précaires, souvent sans aucune mesure de sécurité élémentaire.

La difficulté d’accès à cette zone reculée et l’absence de réseau de communication compliquent considérablement l’évaluation précise du drame. Les autorités locales installées par le M23 ont également évoqué un bilan provisoire de plusieurs centaines de disparus, sans qu’il soit possible de le vérifier de manière indépendante. Des blessés ont été pris en charge par des structures sanitaires locales aux moyens limités.

Cette catastrophe met en lumière les conséquences humaines de l’exploitation illicite des minerais dans une région en conflit. Les experts internationaux pointent depuis longtemps le système de taxation mis en place par le mouvement rebelle, qui générerait des revenus considérables grâce au commerce du coltan. Kinshasa dénonce une occupation armée et un pillage organisé des ressources, facilitant des activités minières dans des conditions dangereuses.

Le site de Rubaya avait pourtant été placé sous statut d’interdiction par les autorités centrales au début de l’année, en raison du contrôle illégal exercé par les factions armées. Malgré cela, l’extraction se poursuivrait à un rythme soutenu, le minerai étant ensuite exporté via les pays voisins. Le gouvernement congolais appelle la communauté internationale à une prise de conscience face à cette situation, estimant que les mécanismes de traçabilité des minerais ont montré leurs limites.

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