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Un collège bordelais privé de 1 700 heures d’enseignement

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La situation au collège Aliénor d’Aquitaine illustre de manière criante les difficultés chroniques de remplacement des enseignants, plongeant élèves et familles dans un profond désarroi.

Depuis le début de l’année scolaire, les élèves d’un établissement de Bordeaux cumulent les heures passées sans enseignant devant eux. L’absence de professeurs titulaires, souvent non remplacés ou très tardivement, a conduit à un déficit estimé à près de treize pour cent du temps d’enseignement normalement imparti. Pour certains adolescents, cette proportion atteint même vingt pour cent, le temps libéré étant majoritairement occupé par des séances en salle de permanence.

Les témoignages recueillis auprès des familles décrivent un enchaînement de vacances de postes dans plusieurs disciplines fondamentales, de l’anglais à l’histoire-géographie, sur des durées se comptant en semaines, voire en mois. Un collectif de parents, mobilisé depuis l’automne, alerte régulièrement les autorités académiques sur les conséquences pédagogiques et psychologiques de cette situation. Les élèves évoquent une perte de motivation collective, un stress accru face aux examens futurs et un décrochage dans le travail personnel.

L’académie reconnaît le caractère anormal de la situation, l’attribuant à une conjonction de circonstances, sans fournir davantage de détails. En interne, des voix pointent toutefois des dysfonctionnements dans la gestion des remplacements et la précarité des personnels recrutés en urgence. Les chiffres locaux dépassent largement la moyenne nationale, établie par la Cour des comptes à neuf pour cent d’heures non assurées dans les collèges publics l’an dernier.

Cette crise intervient dans un contexte national de réduction des postes d’enseignants annoncée pour les prochaines rentrées, une politique vivement contestée par les syndicats. Ces derniers estiment que le maintien des effectifs est une condition sine qua non pour garantir la continuité pédagogique et alléger la charge des classes. Les familles bordelaises, quant à elles, s’inquiètent de voir l’établissement perdre sept heures d’allocation horaire à la prochaine rentrée, une décision perçue comme contradictoire avec les besoins exprimés.

Face aux critiques, la direction des services départementaux de l’Éducation nationale affirme avoir pris des mesures correctives, notamment en instaurant une procédure accélérée pour les demandes de remplacement de ce collège. Les responsables académiques se veulent rassurants pour l’avenir, promettant une rentrée prochaine « sécurisée » et une amélioration progressive de la situation. Ils se refusent cependant à garantir qu’aucune heure de cours ne sera à nouveau perdue, laissant planer le doute sur la résolution durable du problème.

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