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Un an après Garance, la vie en suspens dans les quartiers dévastés de La Réunion

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Douze mois après le passage du cyclone, des habitants de l’île continuent de vivre au milieu des ruines, confrontés à des travaux qui tardent et à des indemnisations insuffisantes.

Adossé à un arbre, Patrice polit un morceau de bois. Autour de lui, le quartier du Bas de La Rivière, à Saint-Denis, porte encore les marques profondes de la tempête. Les maisons emportées, les routes effondrées et les terrains ravinés racontent une histoire d’abandon. Pour cet habitant, comme pour beaucoup d’autres, le temps semble s’être figé ce jour de février 2025 où les eaux ont tout emporté. Il vit désormais au jour le jour, dormant tantôt ici, tantôt là, dans un paysage où la colline elle-même paraît avoir perdu la vie.

Les stigmates sont visibles partout. À la place de la chaussée, une piste de terre cabossée serpente entre les habitations endommagées. Plusieurs logements ont été totalement ou partiellement détruits par la crue, et l’eau a envahi de nombreuses constructions. Les riverains déplorent l’absence de travaux de réparation significatifs depuis un an. La situation est d’autant plus complexe que la majorité des résidents de ce secteur occupait des habitats non assurés, souvent construits sans autorisation sur des terrains familiaux, en zone inondable.

Cette précarité juridique complique les démarches d’indemnisation et de reconstruction. Certaines familles, installées depuis plusieurs générations, refusent de quitter les lieux, craignant de voir leur quartier disparaître. Les autorités locales, pour leur part, estiment qu’aucune solution technique ne garantit la sécurité des personnes sur ce site. La destruction de plusieurs habitations jugées trop dangereuses a été actée, une décision vécue comme une injustice par une partie de la population.

Plus à l’est, la commune de Saint-Benoît a également subi de plein fouet les rafales violentes. Plus d’une centaine de familles y ont été sinistrées. Si certaines ont pu être relogées dans des logements sociaux après un passage par des centres d’urgence, d’autres attendent toujours une solution durable. Les services sociaux municipaux reconnaissent l’ampleur colossale de la tâche, tant les dégâts matériels sont importants et les besoins immenses.

Un fonds de secours d’extrême urgence a bien été débloqué par l’État, permettant de distribuer une aide financière à plusieurs milliers de foyers. Le montant moyen alloué, inférieur à cinq cents euros par famille, reste cependant très en deçà des besoins pour remplacer le mobilier, l’électroménager et engager les premiers travaux. Face à cette réalité, l’amertume grandit chez des habitants qui, un an après la catastrophe, doivent encore compter sur leur seule débrouille pour tenter de reconstruire un quotidien.

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