Faits Divers
Trente ans de réclusion pour l’empoisonnement mortel d’un nourrisson en crèche
_**La cour d’assises de l’Ain a confirmé en appel une lourde condamnation pour meurtre, mettant un terme à une procédure judiciaire particulièrement douloureuse pour la famille de la victime.**_
L’ancienne auxiliaire de puériculture a été reconnue coupable d’avoir administré de force un déboucheur chimique à un enfant de onze mois, entraînant son décès après plusieurs heures d’agonie. La juridiction a suivi les réquisitions du parquet en prononçant une peine de trente années d’emprisonnement, assortie d’une période de sûreté de quinze ans. La défense de la condamnée a indiqué qu’elle n’exercerait pas de pourvoi en cassation.
L’affaire remonte à 2022, dans une structure d’accueil de la région lyonnaise. Les investigations et les débats en audience ont établi que l’accusée avait versé une quantité importante de produit corrosif dans la bouche du bébé. Elle avait initialement présenté aux secours une version mensongère des faits, évoquant un accident lié à de la peinture, avant de reconnaître son geste en garde à vue tout en niant toute volonté de donner la mort.
Les magistrats et les jurés ont cependant retenu la qualification de meurtre, estimant que l’intention homicide était caractérisée. Les expertises psychiatriques, tout en pointant une certaine immaturité et des capacités intellectuelles limitées chez la prévenue, ont écarté toute altération majeure du discernement au moment des faits. Les avocats de la partie civile ont salué un verdict qui, selon eux, correspond à la gravité de l’acte et répond aux attentes des parents endeuillés.
Ces derniers, présents à l’audience, ont vécu un nouveau procès comme une épreuve. Leur conseil a souligné leur soulagement face à une décision de justice qu’ils jugent apaisante, après un long combat pour que la préméditation soit pleinement reconnue. L’avocate générale avait insisté sur la nature insoutenable des souffrances infligées à l’enfant et sur la dangerosité évidente du produit utilisé.
Le dossier avait également mis en lumière des dysfonctionnements au sein de la crèche concernée. La défense de l’ancienne employée avait argué de son inaptitude notoire à s’occuper de jeunes enfants, une situation qui, selon elle, aurait dû être détectée et empêcher son maintien en poste. La cour n’a pas retenu ces éléments comme des circonstances atténuantes, considérant la préméditation et la brutalité du geste comme des facteurs déterminants dans le prononcé de la peine.
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