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Société

Strasbourg, une bataille pour l’âme de la gauche

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À la veille du second tour des municipales, la maire écologiste sortante, Jeanne Barseghian, revendique l’héritage d’une gauche authentique, tandis que son adversaire socialiste, Catherine Trautmann, défend une alliance centriste qui divue son camp.

Devant ses partisans réunis pour son ultime meeting, Jeanne Barseghian a affirmé représenter le véritable rassemblement de la gauche. La candidate, qui a conclu un accord avec La France insoumise pour le second tour, a estimé que l’unité devenait impérative face à un danger imminent pour la ville. Elle a implicitement visé sa principale concurrente, l’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann, en déclarant que cette dernière avait choisi de se détourner de l’histoire commune de la gauche pour se rallier à un camp qui, selon elle, ne l’est jamais véritablement.

Le scrutin du premier tour a placé Catherine Trautmann en tête, suivie de près par le candidat Les Républicains, Jean-Philippe Vetter. Arrivée en troisième position, Jeanne Barseghian a donc scellé une alliance avec la liste insoumise pour tenter de se maintenir. De son côté, Catherine Trautmann a opté pour un rapprochement avec la liste centriste de Pierre Jakubowicz, une stratégie qui a provoqué des remous au sein des appareils nationaux. Le Parti socialiste et le mouvement Horizons ont tous deux exprimé leur désaccord, ce dernier ayant finalement appelé à soutenir la candidature de la droite.

La campagne s’est ainsi polarisée autour de trois blocs. Les soutiens de Jeanne Barseghian dépeignent leur coalition comme un front de gauche sans concession, opposé à une droite dure et à une droite macroniste. Ils accusent Catherine Trautmann d’avoir opéré un virage à droite tel qu’elle en aurait été abandonnée par sa famille politique historique. L’ancienne ministre, quant à elle, défend sa liberté d’action et une candidature qui transcende, selon ses termes, les logiques partisanes, tout en assurant conserver l’investiture socialiste. L’enjeu du second tour dépasse désormais la simple conquête de la mairie pour incarner un profond clivage sur l’identité et les alliances de la gauche.

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