Économie
Stellantis dans le collimateur de l’UFC-Que Choisir pour des airbags défectueux
L’association de consommateurs engage une procédure collective contre le constructeur automobile, accusé de négligence dans la gestion des rappels de véhicules équipés de dispositifs Takata.
L’UFC-Que Choisir a déposé une requête devant les tribunaux afin d’obtenir réparation pour les propriétaires de voitures immobilisées en raison de la présence d’airbags potentiellement dangereux. Cette action collective, une première en France sur ce dossier, vise spécifiquement le groupe Stellantis, dont plusieurs modèles sont concernés par les mesures de mise en arrêt imposées par les autorités.
Les faits remontent à une décision gouvernementale prise fin juin, exigeant l’immobilisation de près de 800 000 véhicules supplémentaires équipés de ces équipements défectueux. Cette mesure porte désormais à 1,7 million le nombre d’automobiles interdites de circulation sur le territoire national. L’affaire a pris une tournure dramatique après le décès d’une conductrice à Reims, dont l’airbag a explosé lors d’un accident.
L’association reproche au constructeur une gestion désorganisée des rappels, qualifiée d' »anarchique et déraisonnée ». Elle réclame des compensations financières pour les usagers affectés, incluant une indemnisation journalière pendant la période d’immobilisation ainsi que des dommages et intérêts pour préjudice moral. Trois décès survenus au volant de Citroën C3 ces dernières années sont directement liés à ce défaut technique.
Le problème des airbags Takata, fabriqués avec un propulseur chimique instable, n’est pas nouveau. Ces dispositifs, susceptibles de se dégrader dans les climats chauds et humides, peuvent projeter des débris métalliques lors de leur déclenchement. Le bilan mondial s’élève à au moins 60 victimes depuis quinze ans, dont 18 en France. Aux États-Unis, plusieurs constructeurs ont déjà versé plus d’un milliard de dollars d’indemnisation.
L’entreprise japonaise Takata, à l’origine du scandale, a définitivement cessé ses activités en 2017. En France, une enquête judiciaire est en cours pour déterminer les responsabilités pénales éventuelles dans cette affaire industrielle aux conséquences humaines tragiques.
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