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Roissy sous pression : l’explosion du trafic de cocaïne paralyse les contrôles
L’aéroport parisien fait face à une vague sans précédent de passeurs de drogue, mettant à rude épreuve les dispositifs de sécurité et la logistique judiciaire.
La plateforme aéroportuaire de Roissy-Charles-de-Gaulle subit de plein fouet une recrudescence alarmante du transport illicite de stupéfiants. Les services douaniers, débordés par l’afflux de « mules » chargées de cocaïne, peinent à maintenir un niveau de contrôle efficace. Une récente opération ciblant un vol en provenance des Antilles a mis en lumière l’ampleur du phénomène : 212 kilos de drogue saisis en une seule intervention, soit six individus interpellés.
Cette multiplication des interceptions révèle les lacunes structurelles du système. Les effectifs limités de l’Office anti-stupéfiants (Ofast) et l’absence de coordination optimale entre les différentes forces de l’ordre entraînent des solutions improvisées. Les personnes arrêtées sont réparties entre plusieurs services, parfois éloignés, faute de capacité d’accueil suffisante. Les procédures médicales, notamment pour les passeurs ayant ingéré des sachets de drogue, compliquent davantage la prise en charge, nécessitant des transferts vers des hôpitaux parisiens.
L’essor de ce trafic s’explique en partie par le durcissement des contrôles en Guyane, poussant les réseaux criminels à privilégier d’autres routes, notamment via le Brésil. Roissy, moins touché auparavant que son homologue d’Orly, devient une plaque tournante involontaire. Les autorités reconnaissent que seule une fraction des passeurs est interceptée, laissant supposer un trafic bien plus important que les chiffres officiels.
Face à cette situation, les magistrats déplorent l’engorgement des tribunaux, où les comparutions immédiates liées à ces affaires monopolisent une part croissante des audiences. Pourtant, ces procédures aboutissent rarement à des démantèlements de réseaux, les passeurs n’étant souvent que de petits maillons sans accès aux commanditaires.
Certains évoquent l’exemple des Pays-Bas, où des contrôles systématiques sur les vols à risque ont permis de réduire drastiquement le nombre de saisies. Mais une telle mesure, si elle était appliquée à Roissy, nécessiterait des moyens humains et logistiques considérables, sans garantie de résultats durables, les trafiquants pouvant simplement déplacer leurs itinéraires.
Cette crise met en lumière les limites des dispositifs actuels et la nécessité d’une réponse coordonnée, tant au niveau national qu’international, pour endiguer un fléau qui dépasse largement les murs de l’aéroport.
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