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Retour à Gaza, entre étreintes et amertume

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Les premiers Palestiniens autorisés à regagner l’enclave depuis l’Égypte décrivent des conditions de passage éprouvantes et des fouilles invasives, tandis que des milliers d’autres espèrent toujours pouvoir en sortir pour se soigner.

Des scènes de retrouvailles chargées d’émotion ont marqué lundi soir l’arrivée à Khan Younès d’un petit groupe de Palestiniens. Ces derniers ont pu réintégrer la bande de Gaza après la réouverture, très partielle et étroitement encadrée, du poste-frontier de Rafah. Les passagers, descendus d’un autocar devant l’hôpital Nasser, ont été accueillis par une foule de proches, dans une atmosphère mêlant joie et gravité.

Pour ces rapatriés, le soulagement des embrassades ne masque pas l’âpreté du parcours. Une femme, Samira Said, évoque des difficultés considérables et des contrôls omniprésents. Rotana Al-Riqib, une autre revenue d’Égypte, décrit un voyage qu’elle qualifie d’humiliant, ponctué de fouilles corporelles et de saisies systématiques de leurs effets personnels par les autorités israéliennes. Selon son témoignage, seuls les vêtements ont été épargnés, les denrées alimentaires et autres articles étant confisqués.

Cette réouverture timide ne concerne pour l’instant qu’un nombre très limité de personnes. Lundi, une vingtaine d’individus seulement ont franchi la frontière dans les deux sens, sur environ deux cents initialement attendus. Du côté des retours, douze Palestiniens, principalement des femmes et des enfants ayant quitté Gaza pour des raisons médicales avant la fermeture du passage, ont pu rentrer.

Parallèlement, quelques évacuations sanitaires ont été autorisées à quitter l’enclave. Cinq blessés, accompagnés de sept proches, ont ainsi pu sortir. Cette ouverture au compte-gouttes offre une lueur d’espoir à des milliers de malades et de blessés, pris au piège par le siège imposé à Gaza et l’impossibilité d’accéder à des traitements spécialisés. Une mère, Umm Mohamed Abu Shaqfa, attend ainsi depuis des mois une autorisation pour sa fille de onze ans, atteinte d’une maladie du sang.

Les autorités égyptiennes, qui partagent cette frontière avec Gaza, réitèrent leur opposition à tout afflux massif de Palestiniens sur leur sol. La réouverture complète de Rafah, réclamée par plusieurs acteurs internationaux pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, reste suspendue à l’accord des autorités israéliennes. En attendant, les mouvements de population devraient se poursuivre de manière extrêmement limitée, laissant en suspens le sort de dizaines de milliers de patients nécessitant des soins urgents.

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