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« On vous croit » donne voix aux mères confrontées au déni judiciaire

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Un film bouleversant expose les défaillances systémiques face aux affaires d’inceste, suivant le parcours d’une mère luttant pour protéger son enfant dans l’arène judiciaire.

Le cinéma belge s’empare d’une réalité longtemps occultée à travers « On vous croit », œuvre qui place au premier plan le combat des mères dites protectrices. Ce long-métrage plonge le spectateur dans les méandres d’une procédure judiciaire où une mère tente de préserver son fils de son père accusé d’inceste. Le film, déjà distingué par une dizaine de récompenses dont une mention spéciale à la Berlinale, offre une immersion frontale dans les failles institutionnelles.

Pendant quatre-vingt minutes de huis clos, la caméra suit Alice, interprétée par Myriem Akheddiou, à travers les couloirs d’un tribunal pour enfants. Lors d’une audience dépouillée, cette mère de deux enfants affronte un système où sa parole et celle de son fils se heurtent au déni paternel. Les réalisateurs Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys ont voulu saisir la complexité de ces situations où les femmes voient leur crédibilité systématiquement remise en cause.

La scène centrale, tournée en plan-séquence, montre la violence sourde de ces confrontations. Alice doit subir les assauts de l’avocat de la défense tandis que son fils manifeste son refus de rencontrer son père. Pour garantir l’authenticité, les cinéastes ont engagé de véritables avocats et se sont inspirés de témoignages recueillis auprès de la Commission indépendante sur l’inceste.

Les créateurs espèrent que leur œuvre contribuera à une prise de conscience collective sur la nécessité de mieux écouter les victimes. Ils soulignent l’importance de concilier présomption d’innocence et présomption de véracité de la parole des enfants. La sortie du film coïncide avec le dépôt d’une proposition de résolution à l’Assemblée nationale visant à renforcer la protection des enfants victimes d’inceste et la sécurité juridique des parents protecteurs.

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