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Économie

Nouvelle vague de retraits pour les laits premier âge en France

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Le renforcement des normes européennes et nationales sur la toxine céréulide entraîne le rappel de plusieurs lots. Les fabricants assurent agir par précaution, tandis qu’une association de consommateurs dénonce des responsabilités plus larges.

Une décision de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a conduit à un resserrement immédiat des contrôles. L’agence a en effet établi lundi une nouvelle dose limite de référence pour la céréulide, une toxine pouvant provoquer des troubles gastro-intestinaux, la fixant à 0,014 microgramme par kilogramme de poids corporel pour les nourrissons. La France avait anticipé cette évolution réglementaire en abaissant son propre seuil dès la fin de la semaine dernière.

Cette modification a eu pour effet direct l’annonce, ce lundi, de nouveaux retraits de produits par deux fabricants. La marque Popote a rappelé deux lots de lait infantile premier âge, tandis que Vitagermine, commercialisant sous la marque Babybio, en a retiré trois. Le fabricant de cette dernière a précisé avoir procédé à des vérifications approfondies durant le week-end, confirmant que les lots concernés étaient conformes à l’ancienne réglementation mais ne satisfaisaient pas au nouveau critère, plus strict. Les deux entreprises affirment que leurs autres références ne sont pas touchées par ces mesures.

Ces décisions s’inscrivent dans une séquence plus large initiée à la mi-décembre. Une série de rappels similaires avait alors été lancée à l’échelle internationale par plusieurs groupes, après la détection de la toxine. Les investigations des autorités sanitaires pointent vers une possible contamination liée à un fournisseur d’ingrédients basé en Chine. La toxine, produite par certaines souches de bactéries, est réputée difficile à détecter en raison de sa rareté, conduisant souvent les industriels à agir par principe de précaution.

L’association Foodwatch a réagi vivement à ces nouveaux développements. Elle estime que la question des seuils réglementaires ne doit pas occulter le fond du problème, considérant que la présence de cette toxine dans des aliments destinés aux bébés est inacceptable en soi. L’organisation, qui a déposé une plainte la semaine dernière avec plusieurs familles, accuse certains fabricants d’avoir tardé à procéder aux retraits nécessaires lors des premières alertes.

Les enquêtes judiciaires ouvertes en France, suite au décès de nourrissons ayant consommé des produits antérieurement rappelés, n’ont à ce jour pas établi de lien de causalité direct. Les signalements recensés au niveau européen font état de troubles digestifs, sans cas graves rapportés à ce stade, selon les informations communiquées par l’Efsa.

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