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Naître sous les sirènes, au cœur d’un hôpital-forteresse

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Dans le nord d’Israël, le service de maternité du centre médical Carmel a été déplacé dans un abri souterrain. Malgré un contexte de tensions persistantes, la vie, têtue, y trouve son chemin.

Un écran mural diffuse en continu des images de projectiles et des déclarations officielles. L’ambiance, pourtant, est à la concentration sereine. Dans cette salle d’opération aménagée au sein d’un bunker de l’hôpital Carmel, à Haïfa, une équipe médicale vient de procéder à une césarienne. Sarah Bird, 38 ans, accueille avec un sourire ému sa nouvelle fille, présentée par une sage-femme. Son mari, Yitzhak, visiblement soulagé après des moments d’anxiété, évoque le choix d’un prénom, reporté de quelques jours.

Ce nouvel arrivant est le troisième enfant du couple, et l’un des nombreux nourrissons à avoir vu le jour dans cet environnement singulier depuis plusieurs semaines. L’unité de néonatalogie a en effet été intégralement relocalisée dans cet abri creusé à même la montagne, une mesure de protection devenue nécessaire. Près de quatre cents naissances y ont été enregistrées depuis le début des hostilités régionales.

Si un calme précaire prévaut à l’échelle régionale ce jour-là, la réalité locale reste marquée par la menace. Les alertes aux tirs de roquettes venus du Liban voisin continuent de retentir à intervalles rapprochés dans le nord du pays, rappelant la proximité du conflit. La ville de Haïfa porte encore le deuil récent de victimes civiles. Dans ce contexte, l’activité hospitalière, elle, ne fléchit pas. Une dizaine d’accouchements sont ainsi pratiqués quotidiennement dans ces profondeurs, devenus un sanctuaire où se joue, obstinément, le renouvellement de la vie.

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