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Mobilisation historique en Géorgie lors du scrutin local

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Des dizaines de milliers de citoyens ont investi les rues de Tbilissi ce samedi, transformant des élections municipales traditionnellement discrètes en un test démocratique majeur pour le pouvoir en place.

Un important rassemblement s’est formé au cœur de la capitale géorgienne avant de converger vers le palais présidentiel. Des heurts ont éclaté lorsque certains protestataires ont tenté de franchir les barrières de sécurité, contraignant les forces de l’ordre à recourir à des gaz lacrymogènes pour contenir la foule. Cette manifestation intervient dans un climat de tensions persistantes entre l’exécutif et les formations politiques favorables à un ancrage européen.

Le parti au pouvoir, le Rêve géorgien, affrontait ce week-end son premier examen électoral depuis les législatives de l’an dernier, dont les résultats continuent d’être contestés par ses détracteurs. La consultation de samedi a ainsi revêtu une dimension symbolique particulière, l’opposition dénonçant une dérive autoritaire du gouvernement tandis que ce dernier mettait en garde contre toute tentative de déstabilisation.

Sous une mer de drapeaux nationaux et européens, les manifestants exprimaient leur inquiétude quant à l’avenir démocratique du pays. « Nous devons défendre nos institutions menacées par l’action du Rêve géorgien », déclarait une septuagénaire parmi les protestataires. Un jeune étudiant évoquait pour sa part les conséquences sur les aspirations européennes du pays en cas de maintien au pouvoir de la majorité actuelle.

Le ministère de l’Intérieur a fait état de débordements justifiant l’intervention des forces de l’ordre. Plusieurs organisations de la société civile ont pour leur part alerté sur les pressions exercées contre les voix critiques, évoquant une soixantaine d’arrestations visant des personnalités politiques et des activistes au cours de l’année écoulée.

L’ancien président Mikheïl Saakachvili, actuellement incarcéré, avait appelé ses soutiens à se mobiliser pour ce qu’il présentait comme une ultime occasion de préserver les fondements démocratiques de la nation. Le Premier ministre Irakli Kobakhidzé avait au contraire promis une réponse ferme face à toute velléité de renversement des institutions.

Observée avec attention par les capitales occidentales, cette crise politique s’inscrit dans un contexte géostratégique complexe, marqué par des accusations de rapprochement avec Moscou et la suspension des pourparlers d’adhésion avec l’Union européenne. Alors que les sondages reflètent une défiance croissante envers le parti au pouvoir, la fragmentation de l’opposition pourrait néanmoins compromettre toute alternative politique cohérente.

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