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Min Aung Hlaing endosse la présidence, scellant une transition institutionnelle contestée

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Le chef de l’armée birmane a officiellement pris les fonctions de chef de l’État ce vendredi. Cette nomination, issue d’un scrutin décrié, parachève une évolution formelle du pouvoir cinq ans après la prise de contrôle militaire du pays.

L’homme fort du régime, Min Aung Hlaing, a prêté serment devant le Parlement à Naypyidaw. Il s’est engagé à œuvrer pour la prospérité des principes de justice, de liberté et d’égalité. Dans son discours inaugural, il a affirmé que la nation était désormais revenue sur la voie de la démocratie et se dirigeait vers un avenir meilleur, tout en reconnaissant l’existence de nombreux défis pour son nouveau gouvernement.

Cette accession à la magistrature suprême intervient à la suite d’élections législatives organisées fin l’année dernière et début de cette année. Le scrutin, présenté par les autorités comme une étape vers un ordre démocratique, n’a pu être tenu dans de vastes régions en proie aux conflits et a abouti à une large victoire des formations politiques soutenues par l’armée. La communauté internationale a majoritairement qualifié ce processus de manœuvre visant à légitimer le maintien du pouvoir militaire sous une apparence civile.

Pour occuper ce poste, Min Aung Hlaing a préalablement quitté ses fonctions de commandant en chef des forces armées. Le gouvernement qu’il dirige compte une majorité de ministres issus ou toujours membres de l’institution militaire, plusieurs d’entre eux faisant l’objet de sanctions de la part de puissances étrangères.

Les observateurs estiment que cette formalisation du pouvoir vise notamment à redorer l’image du régime sur la scène internationale et à favoriser les investissements. Le nouveau président a d’ailleurs indiqué qu’il s’emploierait à renforcer les liens avec les pays voisins et à normaliser les relations avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est. Des représentants diplomatiques de Chine, d’Inde et de Thaïlande assistaient à la cérémonie d’investiture.

La Birmanie a été dirigée pendant des décennies par l’armée, qui justifie son rôle par la nécessité d’assurer la stabilité nationale. Une parenthèse d’ouverture politique, entre 2011 et 2021, avait été interrompue par le putsch ayant renversé le gouvernement d’Aung San Suu Kyi. Depuis, le pays est en proie à un conflit interne opposant la junte à une résistance armée pro-démocratique et à divers groupes ethniques.

Évoquant la nécessité de la paix, Min Aung Hlaing a annoncé des mesures d’amnistie, sans en préciser les bénéficiaires, dans le but de soutenir la réconciliation sociale.

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