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Marseille inaugure une connexion électrique majeure pour ses paquebots

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_**Le port phocéen devient le premier en France à pouvoir alimenter simultanément trois géants des mers depuis le réseau terrestre, une avancée technique saluée mais dont l’impact environnemental global reste limité.**_

Le port de Marseille franchit une étape significative dans la réduction des émissions liées au tourisme maritime. Il dispose désormais de la capacité technique pour connecter trois navires de croisière de grande taille au réseau électrique national durant leurs escales. Cette installation permet à chaque bâtiment de recevoir une puissance équivalente à la consommation d’une agglomération de plusieurs milliers d’habitants, leur évitant ainsi de faire tourner leurs groupes électrogènes au fioul lourd lors de leur stationnement.

Les autorités portuaires présentent cette réalisation comme une prouesse technique et un levier pour améliorer la souveraineté énergétique. L’électricité fournie est intégralement d’origine renouvelable, produite localement. Cette initiative devance de plusieurs années la réglementation européenne qui imposera une généralisation de ce type d’équipements à l’horizon 2030.

Pour les populations riveraines, le bénéfice est tangible. L’organisme en charge de la surveillance de la qualité de l’air estime que cette électrification à quai devrait réduire de plus d’un quart les émissions d’oxydes d’azote imputables au trafic maritime dans la zone portuaire. Elle répond également à une attente croissante des compagnies maritimes, soucieuses d’atténuer l’impact local de leurs activités et d’améliorer leur image publique.

Cependant, des observateurs pointent les limites de ce dispositif. Les associations environnementales rappellent que la pollution générée à l’entrée et à la sortie du port demeure entière. Selon leurs analyses, le branchement à quai ne permet de réduire que d’environ six pour cent l’ensemble des émissions d’un voyage complet. L’équipement des navires eux-mêmes représente par ailleurs un investissement conséquent pour les armateurs, sans obligation réglementaire immédiate de s’y soumettre, le carburant marin bénéficiant toujours de conditions tarifaires avantageuses.

Le financement de cette infrastructure, qui s’élève à plusieurs centaines de millions d’euros, a été assuré par des fonds européens, nationaux et locaux. Son déploiement soulève un débat sur l’affectation des ressources publiques, certains estimant que la priorité devrait aller au transport de marchandises plutôt qu’à l’alimentation énergétique d’équipements de loisir. L’efficacité réelle de la mesure dépendra désormais du taux d’utilisation effectif par les compagnies de croisière.

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