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Marine Le Pen face au parquet dans l’affaire des assistants parlementaires européens

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_**L’issue de ce procès en appel, dont les réquisitions sont attendues ce mardi, conditionne directement l’éligibilité de la présidente du Rassemblement national pour le scrutin présidentiel de 2027.**_

Les magistrats du parquet général doivent présenter ce mardi après-midi leurs conclusions dans le cadre du procès en appel de Marine Le Pen, de son parti et de dix de ses collaborateurs. Cette audience, qui s’est ouverte le 13 janvier dernier, concerne des soupçons de détournement de fonds publics liés à la rémunération d’assistants parlementaires européens entre 2004 et 2016. L’accusation estime que ces collaborateurs étaient en réalité mis à disposition du parti, alors Front national, et non des élus qu’ils étaient censés assister.

Après onze jours de débats, les deux avocats généraux disposeront de près de six heures pour exposer leur analyse du dossier et requérir des peines à l’encontre des prévenus. En première instance, le 31 mars dernier, la dirigeante politique avait été condamnée à une peine de quatre ans d’emprisonnement, dont deux ferme, assortie d’une amende de 100 000 euros. La juridiction avait surtout prononcé à son encontre une interdiction d’exercer tout mandat électif pour une durée de cinq ans, avec application immédiate. Une condamnation en appel à une peine d’inéligibilité supérieure à deux ans compromettrait sa candidature potentielle à l’élection présidentielle de 2027.

Les audiences ont mis en lumière des dysfonctionnements organisationnels au sein du mouvement politique. Plusieurs témoins, dont d’anciens élus, ont évoqué une gestion pour le moins désordonnée de ces assistants parlementaires à l’époque des faits. L’ancien eurodéputé Fernand Le Rachinel a indiqué que ces collaborateurs « travaillaient vraiment, mais pas dans les bonnes cases », précisant que les décisions relevaient alors de Jean-Marie Le Pen. D’autres, comme l’eurodéputé Nicolas Bay ou le député Julien Odoul, ont reconnu que l’activité de certains assistants dépassait le cadre strict du mandat européen ou n’était pas effective en début de contrat.

La principale prévenue a, quant à elle, maintenu sa ligne de défense, rejetant toute intention frauduleuse. Elle a invoqué sa bonne foi et pointé des pratiques administratives du Parlement européen qu’elle jugeait moins rigoureuses par le passé. Interrogée longuement sur les faits, elle a concédé que des irrégularités avaient pu découler d’une « désorganisation » mais a nié l’existence d’un système délibéré. Elle a assuré suivre l’intégralité des audiences, y compris les réquisitions du parquet et les plaidoiries des parties civiles, déclarant vouloir « boire le calice jusqu’à la lie ». Elle n’envisage pas de prendre à nouveau la parole avant le verdict, attendu d’ici l’été, après les plaidoiries de la défense prévues jusqu’au 12 février.

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