Monde
Maliki affirme sa détermination à briguer la tête du gouvernement irakien
L’ancien chef du gouvernement, candidat à un troisième mandat, tente de concilier ses ambitions avec les préoccupations stratégiques de Washington, tout en défendant les liens de Bagdad avec Téhéran.
Nouri al-Maliki a réaffirmé sa candidature au poste de Premier ministre, indiquant qu’il ne renoncerait pas sous la pression extérieure. L’ancien dirigeant, qui a déjà occupé cette fonction pendant huit ans, a tenu ces propos lors d’un entretien accordé à l’AFP dans la capitale irakienne. Il répondait ainsi aux récentes mises en garde américaines concernant un éventuel retour au pouvoir d’une figure perçue comme favorable à l’Iran.
Le candidat a toutefois cherché à apaiser les craintes des États-Unis, soulignant l’importance fondamentale des relations bilatérales pour l’avenir de son pays. Il s’est engagé à garantir la sécurité des représentations diplomatiques sur le sol irakien, assurant qu’aucune attaque ne serait tolérée contre les intérêts officiels des nations disposant d’une ambassade à Bagdad. Parallèlement, il a exprimé son adhésion au principe d’un monopole étatique sur les armes, une demande clé de Washington, estimant qu’un accord avec les factions armées était réalisable.
Maliki a également défendu la nécessité de maintenir des relations pragmatiques avec la République islamique, en invoquant les réalités géographiques et économiques. Il a rappelé la longue frontière commune et la dépendance énergétique de l’Irak aux importations iraniennes, une interruption desquelles aurait, selon lui, des conséquences graves. Sa position reflète le fragile exercice d’équilibre auquel se livrent les autorités irakiennes entre leurs deux principaux partenaires, Washington et Téhéran, dont l’antagonisme structure la politique régionale.
Le candidat bénéficie du soutien de la principale coalition chiite au Parlement, le Cadre de coordination, qui détient la majorité des sièges. Il a précisé que seul un retrait de ce bloc pourrait le faire renoncer à sa candidature. Conformément au système de répartition confessionnelle en vigueur, le poste de Premier ministre est traditionnellement dévolu à un membre de la communauté chiite. Le processus de formation d’un gouvernement intervient dans un contexte où l’Irak, après des années d’instabilité, tente de consolider une paix encore précaire, une stabilité que des sanctions économiques américaines pourraient menacer.
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