Économie
L’ouverture du procès Lafarge pour financement de groupes terroristes en Syrie
Le géant du ciment et huit de ses anciens dirigeants comparaissent à Paris pour des versements présumés à des organisations jihadistes entre 2013 et 2014, dans le but de préserver les activités d’une usine syrienne.
Le procès du groupe Lafarge et de huit anciens cadres s’est ouvert ce mardi devant le tribunal correctionnel de Paris. L’entreprise et ses dirigeants sont poursuivis pour financement d’entreprises terroristes, certains étant également accusés de non-respect des sanctions financières internationales. Les faits remontent à la période 2013-2014, lorsque la filiale syrienne du cimentier aurait versé plusieurs millions d’euros à des factions jihadistes, dont l’organisation État islamique et Jabhat al-Nosra, afin de maintenir en activité sa cimenterie de Jalabiya, dans le nord de la Syrie.
La première journée d’audience a été consacrée à des questions procédurales, avec l’examen de requêtes en nullité et de questions prioritaires de constitutionnalité. La présidente du tribunal a procédé à l’appel individuel des prévenus pour leur notifier les charges retenues contre eux. Parmi les accusés figurent l’ancien PDG Bruno Lafont, cinq responsables opérationnels ou de la sûreté, ainsi que deux intermédiaires syriens, dont l’un fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.
Selon l’accusation, Lafarge Cement Syria aurait rémunéré des intermédiaires pour s’approvisionner en matières premières auprès de l’EI et d’autres groupes, et pour faciliter la circulation du personnel et des marchandises. Alors que la plupart des multinationales avaient quitté la Syrie dès 2012, Lafarge avait maintenu ses activités jusqu’en septembre 2014, date à laquelle l’usine est passée sous le contrôle de l’organisation État islamique. Le groupe avait investi 680 millions d’euros dans ce site, achevé en 2010.
Une information judiciaire avait été ouverte en 2017 suite à des révélations médiatiques et au dépôt de plaintes par le ministère de l’Économie et plusieurs associations. Le groupe issu de la fusion avec Holcim en 2015 avait diligenté une enquête interne, qui avait conclu à des violations du code de conduite de l’entreprise. En 2022, Lafarge SA avait plaidé coupable aux États-Unis pour des versements d’environ six millions de dollars à des groupes terroristes et accepté de payer une amende de 778 millions de dollars.
En France, la société encourt une amende pouvant atteindre 1,125 million d’euros pour financement du terrorisme, et jusqu’à dix fois le montant des infractions pour violation d’embargo. La défense de Bruno Lafont conteste qu’il ait été informé des paiements et estime que l’accord de plaider-coupable aux États-Unis porte atteinte à la présomption d’innocence. Elle espère que le procès permettra d’éclaircir certaines zones d’ombre, notamment les échanges entre les responsables de la sûreté et les services de renseignement français.
Les magistrats instructeurs ont toutefois souligné que de tels échanges ne démontraient en rien une validation par l’État français des pratiques mises en œuvre en Syrie. Une autre enquête, pour complicité de crimes contre l’humanité, est toujours en cours dans ce dossier.
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