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L’opposant ougandais Bobi Wine réfute les accusations de terrorisme depuis la clandestinité

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L’ancien chanteur, en fuite après la réélection contestée du président Museveni, affirme être poursuivi pour ses seules convictions politiques. Il dénonce un climat de violence institutionnelle.

Depuis une retraite tenue secrète sur le territoire ougandais, le leader de l’opposition Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine, a rejeté les qualifications de « terroriste » proférées à son encontre par les plus hautes autorités du pays. Ces déclarations font suite à la réélection, la semaine dernière, du président Yoweri Museveni pour un septième mandat, un scrutin dont l’opposant conteste fermement la légitimité.

L’artiste devenu homme politique a expliqué avoir dû quitter son domicile après une perquisition menée par les forces de sécurité le jour même du vote. Il dénonce un processus électoral entaché par des fraudes et une répression systématique. « Se présenter à la présidence face au père de quelqu’un n’est pas un délit », a-t-il déclaré, en référence aux propos tenus par le fils du chef de l’État, le général Muhoozi Kainerugaba.

Ce dernier, qui dirige l’armée, avait en effet publié sur les réseaux sociaux une série de messages, depuis supprimés, souhaitant explicitement la mort du candidat de la Plateforme d’unité nationale (NUP). Bobi Wine a retourné l’accusation de criminalité, l’imputant à une institution militaire qu’il estime détournée à des fins politiques. « C’est l’armée qui commet des crimes en s’appropriant le processus électoral, en tuant des citoyens et en menaçant la vie des dirigeants politiques », a-t-il affirmé.

Selon ses dires, il bénéficierait actuellement de la protection de citoyens ordinaires dans un quartier populaire, évoquant avec ironie les patrouilles de police qui passent quotidiennement à proximité sans le découvrir. Interrogé sur la stratégie de son mouvement, l’opposant a reconnu l’impossibilité de planifier à long terme dans un contexte qu’il qualifie de dictatorial, où la seule réponse possible est, selon lui, une réaction à l’oppression du moment.

La victoire de Yoweri Museveni, crédité de plus de 71% des voix, a été vivement critiquée par plusieurs observateurs nationaux et internationaux. Ces derniers ont pointé du doigt le blocage prolongé de l’accès à internet et une campagne de pression généralisée contre les formations politiques rivales. L’opposant, qui avait déjà été emprisonné et maltraité lors du précédent cycle électoral, incarne désormais une résistance civile confrontée à un pouvoir en place depuis près de quarante ans.

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