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L’OMC sous le feu des critiques américaines à l’ouverture de sa conférence

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Les États-Unis ont vivement critiqué l’institution commerciale mondiale dès le premier jour de ses travaux à Yaoundé, tandis que la Chine en a appelé à défendre le multilatéralisme face aux tendances protectionnistes.

L’Organisation mondiale du commerce a entamé sa quatorzième conférence ministérielle dans un climat de fortes tensions. Dès l’ouverture des débats à Yaoundé, la délégation américaine a fustigé un système commercial qu’elle juge profondément inéquitable. Le représentant américain au Commerce a dénoncé les déséquilibres persistants qu’aurait, selon lui, cautionnés l’institution. Cette attaque frontale a immédiatement suscité une réponse de la part de la Chine, dont le ministre du Commerce a exhorté la communauté internationale à préserver l’ordre commercial multilatéral et à rejeter toute approche unilatérale.

La directrice générale de l’OMC a dressé un constat sévère en évoquant les perturbations les plus graves du commerce mondial depuis huit décennies, aggravées par les conflits géopolitiques. L’organisation, dont le processus décisionnel repose sur le consensus, peine à mener à bien des négociations et se trouve confrontée à une crise de légitimité. La nécessité d’une réforme en profondeur fait l’unanimité parmi ses membres, mais les visions sur les objectifs et les moyens divergent radicalement.

Washington réclame notamment une révision du principe fondamental dit de la nation la plus favorisée, qui garantit un traitement égal à tous les partenaires commerciaux. Cette disposition est perçue comme un obstacle à la politique commerciale américaine. Les pays en développement, quant à eux, défendent avec vigueur le maintien de ce principe. L’Union européenne, pour sa part, affirme son attachement à une OMC modernisée, tout en se disant ouverte à une réflexion sur son fonctionnement.

Un autre point de friction concerne la possibilité pour des groupes de pays de conclure des accords plurilatéraux au sein du cadre de l’OMC. Si cette approche recueille l’assentiment des grandes puissances commerciales, elle est fermement contestée par l’Inde, qui exige que de telles initiatives respectent scrupuleusement le principe du consensus et n’imposent aucune obligation aux États non participants.

Les perspectives d’accord substantiel lors de cette réunion apparaissent limitées. L’institution espère néanmoins parvenir à l’adoption d’une feuille de route pour ses réformes, avec l’ambition d’obtenir des résultats plus concrets lors de la prochaine session ministérielle. Les discussions devraient porter sur la révision des procédures de décision, la définition du statut des pays en développement, les règles de concurrence équitable et la relance du mécanisme de règlement des différends, actuellement paralysé.

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