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L’ombre libanaise plane sur les pourparlers irano-américains

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Les discussions de paix, prévues à Islamabad, sont suspendues à l’exécution de deux préalables iraniens. La question du Liban et le déblocage d’actifs financiers cristallisent les tensions, alors que les délégations tardent à se réunir.

Le président du Parlement iranien a émis des conditions fermes concernant l’ouverture des discussions avec les États-Unis. Mohammad Bagher Ghalibaf a insisté sur la nécessité d’un arrêt des hostilités au Liban et sur la libération des fonds iraniens gelés à l’étranger. Ces déclarations interviennent au moment où le vice-président américain s’apprête à rejoindre le Pakistan, pays hôte des négociations.

La position iranienne contraste avec les propos tenus plus tôt par le représentant américain, qui a exprimé sa volonté de dialoguer tout en mettant en garde contre toute manœuvre dilatoire. Les deux capitales divergent notamment sur l’application de la trêve au territoire libanais, où des frappes aériennes meurtrières se sont poursuivies ces derniers jours. Les autorités pakistanaises, qui jouent le rôle de médiateur, avaient pourtant assuré que le cessez-le-feu était global.

À Islamabad, le dispositif de sécurité est considérable. La ville, transformée pour l’occasion, attend la tenue des discussions dans un palace. Si l’arrivée de la délégation américaine est confirmée pour le week-end, la participation iranienne reste incertaine. Une agence de presse affiliée aux Gardiens de la révolution a nié la présence de négociateurs sur place, liant leur venue au strict respect des engagements américains concernant le Liban.

Parallèlement, des pourparlers distincts entre le Liban et Israël sont annoncés pour la semaine prochaine à Washington. Cette initiative est toutefois rejetée par le Hezbollah, qui a exhorté les responsables libanais à ne faire aucune concession. La situation humanitaire au Liban, où l’insécurité alimentaire s’aggrave, préoccupe les organisations internationales.

D’autres points de friction persistent entre Téhéran et Washington. La libre circulation dans le détroit d’Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures, n’est pas rétablie, contrairement à ce que prévoyait l’accord de trêve. Cette situation suscite des inquiétudes quant aux approvisionnements en carburant pour l’aviation civile. Le dossier nucléaire constitue un autre obstacle majeur, l’Iran excluant toute limitation de son programme d’enrichissement d’uranium, une exigence centrale des États-Unis et d’Israël.

Sur les marchés financiers, l’annonce de la trêve avait provoqué un soulagement éphémère. Les cours se sont depuis stabilisés, dans l’attente des développements diplomatiques. L’issue des négociations d’Islamabad, si elles ont lieu, pourrait déterminer l’évolution de la situation régionale.

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