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L’ombre d’un procès plane sur le Festival d’Angoulême

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L’association historique et son opérateur, évincés après l’annulation de l’édition 2026, engagent une action en justice contre les pouvoirs publics et les professionnels du secteur. Ils réclament une indemnisation et la suspension des projets concurrents.

Les anciens organisateurs du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême ont saisi le tribunal judiciaire de la ville. L’association FIBD, détentrice des droits depuis 1974, et la société 9e Art+, opératrice depuis 2007, entendent contester ce qu’ils qualifient de tentative d’appropriation de l’événement par les financeurs publics et une partie de la profession. Ils demandent la cessation immédiate des démarches visant à créer un nouveau festival en 2027, ainsi qu’une provision de trois cent mille euros sur les dommages et intérêts.

Une assignation en référé a été déposée contre l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême. Cette structure, qui rassemble l’État, les collectivités territoriales et des acteurs professionnels, a lancé en janvier un appel à projets pour désigner un nouvel organisateur à partir de 2027. Les requérants estiment que cette procédure constitue un acte de parasitisme et de concurrence déloyale, leur contrat les liant à la manifestation courant jusqu’à la fin de l’année 2027. L’ADBDA, contactée, a indiqué ne pas avoir eu connaissance de cette action en justice avant d’être citée à comparaître le 18 mars prochain.

Les plaignants dénoncent une manœuvre visant à les déposséder d’un événement culturel privé, selon eux copié de manière servile. Leur avocat souligne le paradoxe que représentent, selon lui, des représentants de la puissance publique agissant au mépris de la légalité qu’ils sont censés garantir. Outre l’annulation de l’appel à projets, ils sollicitent une interdiction, sous astreinte, de tout acte préparatoire à un festival alternatif pour 2027.

Ce contentieux judiciaire s’inscrit dans le prolongement d’une crise profonde ayant conduit à l’annulation sans précédent de l’édition 2026, hors période de pandémie. Une large frange des auteurs avait en effet appelé au boycott, reprochant à 9e Art+ une dérive commerciale de la manifestation et contestant la gestion d’une affaire de viol présumé survenue en marge du festival. Face à cette défiance et à la rupture de confiance actée fin 2025, les financeurs publics, qui contribuent à hauteur de la moitié au budget d’environ six millions deux cent mille euros, avaient acté l’annulation. L’événement avait alors été remplacé par un « Grand Off » porté par la filière. La société 9e Art+ rejette en bloc les accusations portées contre elle.

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